13 janvier 2021-13 janvier 2022 : Que devient la CPC après un an de tentative de prise de Bangui ?

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13 janvier 2021-13 janvier 2022 : Que devient la CPC après un an de tentative de prise de Bangui ?
13 janvier 2021-13 janvier 2022 : Que devient la CPC après un an de tentative de prise de Bangui ?

Africa-Press – CentrAfricaine. Demain 13 janvier 2022, les banguissois se souviendront de l’attaque des éléments rebelles de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), à sa tête l’ancien président François Bozizé.

Alors un an après, que devient la CPC ? La ville de Bangui s’était réveillée par des tirs d’armes lourdes et automatiques. Les sorties nord et sud ont été attaquées.

Les rebelles ont pu infiltrer le 4 ème arrondissement de Bangui, proche de la résidence du président Faustin Archange Touadera. Mais cette attaque n’a duré que quelques heures.

Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) avec l’appui des instructeurs russes, des forces spéciales rwandaises et les forces onusiennes de la Minusca n’ont pas permis à ces rebelles de franchir la ligne rouge.

Du côté du pont de PK9, les rebelles ont été stoppés après le pont. Pas de possibilité de traverser pour atteindre Bimbo. Ils se sont battus en retrait sous les feux des forces loyalistes.

Dès 9 heures du matin, on se souviendra de multiples communiqués sur les ondes de la radio nationale et autres ainsi que sur les réseaux sociaux. Deux personnalités étaient à la Une : Le Premier ministre de l’époque Firmin Ngrebada et l’ancien ministre de la sécurité publique, le Général Henri Wanzet Linguissara.

L’activité des taxis motos a été suspendue, un couvre-feu est instauré. A partir de 10 heures du matin, Bangui commençait à respirer un autre air. Les rebelles sont repoussés.

Plusieurs de leurs corps ont jonché les rues et les quartiers. Le dégât était limité du côté de la population civile obligée de rester terrer à la maison.

La riposte a commencé. Bangui organise une riposte! Difficile au début de coordonner les forces en présence. L’Etat-major des Armées était pratiquement dirigé par l’ancien Premier ministre et le ministre de la sécurité publique.

Trop de méfiance parmi les officiers. Des soupçons, des accusations, des désertions de certains militaires à la solde de l’ancien président général putschiste ont rendu difficile la coordination de la riposte.

Mais le gouvernement est resté déterminé à plus que jamais finir avec les rebelles de la CPC, composés à majorité par des anciens de la Seleka et Antibalaka.

Une alliance inédite qualifiée de contre-nature car, les ennemies farouche d’hier se sont coalisés pour dégager un président qui venait à peine d’être réélu. Bangui a respiré mais tous les axes sont restés bloquer.

Les FACA et les forces spéciales rwandaises lancent une première contre-offensive sur la colline, dans les villages sous et derrière la colline de Bas-Oubangui.

Guerre de communication, multiplication des messages de haine et de la désinformation, publications des images hors contexte ont ponctué cette riposte que le gouvernement a lancée contre les rebelles de la CPC.

Petit à petit, des villes et villages ont été repris par les forces loyalistes. D’autres sont retombées entre les mains des rebelles avant d’être reprises à nouveau.

La riposte devient sérieuse et les rebelles ont préféré battre en retrait. Plusieurs villes ont été récupérées sans combats et d’autres au prix du sang.

Finalement, toutes les villes ont été libérées. Les frontières du Tchad, du Soudan et du Soudan du Sud dont l’Etat a perdu le contrôle depuis 2012 sont à nouveau sous contrôles des forces loyalistes.

Et qu’est devenue cette rébellion? Le rapport de force avait considérablement changé. Il ne reste que le terrain politique pour les négociations. Mais, le gouvernement refuse de dialoguer avec les rebelles.

Malgré des pressions de tout bord, la position n’a pas changé. Ceux qui veulent, peuvent revenir dans l’accord politique pour la paix et la réconciliation nationale, signé entre le gouvernement et les 14 groupes armés le 6 février 2019.

L’initiative de Luanda, la troisième réunion au sujet de la crise centrafricaine a trouvé une solution : Les chefs rebelles doivent partir en exil hors des pays frontaliers de la Centrafrique.

Un cessez-le-feu doit être déclaré par toutes les parties. Ce qui semble être fait. C’est ainsi que François Bozizé, Maxim Mokom, Mahamat Alkatim, Sembe Bobo et plusieurs autres généraux et soutiens de cette rébellion se retrouvent aujourd’hui au Tchad, à Ndjamena.

Ceci est d’ailleurs en violation de la feuille de route de Luanda. Noureddine Adam, comme toujours se retrouve dans la capitale soudanaise. Ali Darass se retrouverais aussi à Tchad.

Mais ses proches affirment qu’il serait aux alentours de Bambari, dans la brousse comme Joseph Kony de la LRA, recherché depuis 2008 par la Centrafrique, le Soudan du Sud, la RDC et l’Ouganda son pays.

Plusieurs membres de l’UPC de Ali Darass chef d’Etat-major de la CPC ont déserté et se sont rendus aux autorités militaires centrafricaines. La CPC bat l’aile, même si ce groupe rebelle reste nuisible sur le terrain car les éléments se sont dispersés dans la brousse armes en mains et constituent une menace réelle pour la libre circulation.

En attendant la durabilité de la sécurité, la vigilance doit être de mise face à cette rébellion qui ne désarme pas et qui cherche par tous les moyens à se reconstituer pour tenter des nouvelles attaques.

Rien n’est encore complètement fini tant que les principaux leaders ne sont pas capturés. Dans la foulée, Bangui attend d’ici le vendredi prochain la première réunion de suivi de la feuille de route de Luanda.

Les chefs d’Etats des pays membres de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs devraient en principe faire le déplacement de Bangui ou leurs représentants pour évaluer la situation et prendre des mesures nécessaires pour une solution durable à la crise créée à l’orée des élections 2020-2021.

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