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Une semaine après l’attaque meurtrière du poste de contrôle de l’UPC à Kouki ayant couté la vie à un ex-rebelle et blessé un autre, la rédaction du CNC a pu identifier l’auteur de ce crime. Ningas, ancien milicien anti-balaka de la CPC, est le meneur de cette embuscade nocturne.
Pour rappel, l’assaut a eu lieu mardi 23 décembre aux environs de 23 heures à l’entrée du site minier de Kouki, près de Bossangoa dans la préfecture de l’Ouham. Des hommes armés ont surgi dans l’obscurité et ont ouvert le feu sur le checkpoint tenu par l’Unité pour la paix en Centrafrique. Un ex-combattant a été touché à la tête et a perdu la vie sur place. Son collègue a reçu une balle dans la jambe et se trouve dans un état grave.
Juste après les faits, au sein de l’UPC du chef rebelle Ali Darassa, les accusations se sont multipliées. Une partie des cadres de l’UPC pointait du doigt les hommes de Florent Kema, en raison des activités du mouvement dans la zone. D’autres voix évoquaient la piste des mercenaires russes déployés dans le secteur.
Nos investigations sur le terrain ont permis de démêler cette affaire. L’embuscade a bel et bien été menée par un groupe des bandits dirigé par Ningas, un jeune homme dont le parcours montre plusieurs passages dans différentes groupes armées. Ce dernier appartenait aux milices anti-balaka rattachées à la Coalition des patriotes pour le changement, sous la direction de l’ancien président François Bozizé.
À cette époque, Ningas opérait dans les environs de Benzambé, proche de Bossangoa. Mais son comportement a fini par déplaire à ses propres camarades de la milice Anti-Balaka qui l’ont chassé du mouvement pour des actes jugés inacceptables. Contraint de partir, il a ensuite tenté sa chance auprès du groupe 3R, du côté de Bozoum.
Cette nouvelle alliance n’a toutefois pas tenu longtemps. Ningas a quitté les 3R et s’est replié dans un village situé à dix-sept kilomètres de Kouki. Depuis lors, il se déplace entre trois localités de ce secteur , notamment les villages de Bondili, Boboré et Bodé, où il a reconstitué une petite bande armée des criminels. C’est depuis cette base qu’il a préparé son attaque contre le checkpoint de l’UPC à Kouki.
Les soupçons initiaux envers Florent Kema n’étaient pas dénués de logique. Ses éléments circulent effectivement dans cette zone et les frictions entre groupes armés y sont courantes. Mais les témoignages recueillis auprès des habitants et les recoupements effectués lors de notre enquête désignent clairement Ningas et ses hommes comme les auteurs de l’opération.
Ce parcours chaotique d’un chef de bande à l’autre explique la mobilité de certains combattants dans la région. Rejeté successivement par les anti-balaka puis par les 3R, Ningas s’est refait une place dans un coin reculé de l’Ouham. Les raisons précises qui l’ont poussé à cibler l’UPC font encore l’objet d’analyses de notre part.
Pour le moment, la localisation exacte de Ningas demeure inconnue. Plusieurs pistes sont explorées dans les villages environnants où il pourrait se cacher avec ses hommes.
Source: Corbeau News Centrafrique
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