Balalou Appelle à l’Amour Après le Coup d’État

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Balalou Appelle à l'Amour Après le Coup d'État
Balalou Appelle à l'Amour Après le Coup d'État

Africa-Press – CentrAfricaine. Maxime Balalou a déployé ce mercredi son arsenal rhétorique le plus hypocrite. Amour, fraternité, unité nationale: tous les mots doux pour faire avaler un hold-up électoral à 77,90% et une répression orchestrée par les mercenaires russes.
« Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président », a déclaré le clepto-mythomane avec une conviction qui frise l’obscénité. Président de tous les Centrafricains? Vraiment? Même de ceux dont les partis n’ont obtenu aucun siège? Même de ceux qui ont vu leurs bureaux de vote fermés par les milices? Même de ceux que Wagner a empêchés de voter?

Cette fraternité à géométrie variable cache mal la réalité d’un régime qui vient de perpétrer le coup d’État électoral le plus grotesque de l’histoire récente du pays. Balalou ose parler d’inclusion pendant que Cœurs Unis rafle cinquante sièges et que l’URCA de Dologuélé n’en obtient aucun. Il invoque l’unité pendant que les grands partis d’opposition se retrouvent exclus du Parlement. Il prêche l’amour pendant que les mercenaires russes quadrillent le territoire pour museler toute contestation.

Le mythomane poursuit sa litanie lénifiante. « Il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain. » Pas de gagnant ni de perdant? Cette formule creuse insulte l’intelligence des Centrafricains qui ont vécu ce hold-up de l’intérieur. Le gagnant, c’est Touadéra avec ses 77,90% truqués. Le gagnant, c’est Cœurs Unis avec ses cinquante députés élus au premier tour. Les perdants, ce sont tous les autres, relégués au rang de figurants dans une pièce de théâtre démocratique jouée pour la galerie internationale.

Balalou développe ensuite sa vision de la fraternité gouvernementale. « C’est une volonté affirmée de gouverner sans distinction, sans exclusion dans un esprit, n’est-ce pas, de fraternité. » Sans exclusion? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Zéro siège pour les grands partis d’opposition au premier tour. Des circonscriptions entières où le vote n’a pas pu se tenir. Des bureaux fermés dans les zones acquises à l’opposition. Des intimidations massives par les forces de sécurité. Voilà la réalité de ce gouvernement fraternel dont parle le porte-parole.

Le clepto-mythomane enchaîne sur l’unité nationale. « Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. Ensemble, travaillons ensemble pour remplir cette mission sacerdota, le serveur du peuple. » Travailler ensemble derrière un président qui vient de rafler 77,90% des voix dans des conditions plus que douteuses? Cette unité ressemble davantage à une soumission forcée qu’à un rassemblement volontaire.

Balalou martèle son message de réconciliation obligatoire. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Autrement dit: taisez-vous, acceptez le résultat truqué, cessez de contester, et ralliez-vous au pouvoir. Toute critique devient querelle, toute contestation devient haine, toute diffusion de preuves de fraude devient division.

Le mythomane continue de vendre son rêve d’unité. « Le président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté. Il a clairement affirmé. Aujourd’hui, nous allons tous, derrière le nouveau président de la République, reconstruire notre pays en partage. Chacun aura sa place en fonction de ses qualités et ses compétences au service du peuple centrafricain. » Quelle place pour Dologuélé? Quelle place pour Dondra? Quelle place pour les millions de Centrafricains qui ont voté pour l’opposition? Aucune, visiblement, puisque leurs représentants n’ont obtenu aucun siège.

Balalou glorifie ensuite le score présidentiel. « Son Excellence, Monsieur le Président Foster-Archange Touadéra, a été brillamment élu nouveau président de la République Centrafricaine après la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles du 28 décembre 2025 par le Conseil constitutionnel, proclamation qui a permis à la population de connaître le nouveau élu et aussi le taux puisque le Président était élu à un taux de 77,90% face à son principal challenger. » Brillamment élu avec 77,90%? Ces chiffres dignes des pires dictatures africaines deviennent une victoire éclatante dans la bouche du mythomane.

Le clepto-mythomane poursuit sa célébration. « Le gouvernement se félicite de cette confiance renouvelée par le peuple centrafricain à l’endroit d’un homme d’exception dont l’empreinte indélébile marquera jamais l’histoire politique de la République Centrafricaine. » Homme d’exception qui vient de perpétrer son troisième mandat via un référendum controversé et un hold-up électoral? L’empreinte indélébile sera effectivement celle d’un autocrate qui a confisqué le pouvoir avec l’aide des mercenaires russes.

Balalou invoque la légitimité démocratique. « La consécration de la légitimité démocratique et aussi de la souveraineté du peuple. » Quelle légitimité quand les grands partis d’opposition n’obtiennent aucun siège? Quelle souveraineté quand ce sont les mercenaires russes et les troupes rwandaises qui contrôlent le territoire?

Le mythomane parle de forte participation. « Une forte participation du peuple centrafricain. » Dans les zones contrôlées par le pouvoir, peut-être. Mais dans les régions acquises à l’opposition où les bureaux sont restés fermés? Dans le Haut-Mbomou où les affrontements ont empêché tout vote? Cette participation était surtout forte là où Wagner et les FACA verrouillaient le scrutin.

Balalou termine sur un appel patriotique. « Cet appel patriotique doit nous pousser tous, ensemble, à dépendre de cet appel du président de la République, de bâtir une nation fraternelle, une nation unie, où nous allons mettre de côté nos égaux. Nous devons travailler tous ensemble pour un seul pays. » Mettre de côté nos égaux? Sans doute une faute de langage révélatrice. Ce régime veut effectivement que les Centrafricains mettent de côté leur dignité, leur droit de vote, leur liberté de contester pour se prosterner devant un pouvoir illégitime.

Cette fraternité hypocrite ne trompe personne. Derrière les mots doux se cache la réalité d’un hold-up électoral cautionné par les mercenaires russes, validé par un Conseil constitutionnel aux ordres, et défendu par un mythomane qui transforme chaque fraude en victoire démocratique

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