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Ce samedi 28 décembre, pendant que le reste de la République centrafricaine votait, Bambouti, chef-lieu de la sous-préfecture du Haut-Mbomou, dans le sud-est du pays, a basculé dans un autre scénario. Les miliciens Azandé ont pris possession de cette ville frontalière avec le Soudan du Sud.
L’attaque a démarré dimanche vers quatre heures du matin. Les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), réveillés par les détonations, n’ont pas résisté longtemps. En moins d’une heure, beaucoup ont abandonné leurs armes, minutions et filé vers la frontière Sud-Soudanaise. Une partie d’entre eux a traversé pour demander asile à Sarchibou, du côté sud-soudanais, rejoignant ainsi les camps de réfugiés. D’autres militaires, qui dormaient chez leurs copines lors de l’attaque, ont préféré courir vers la base de la MINUSCA située à deux ou trois kilomètres, où les casques bleus les ont accueillis rapidement à bras ouvert.
Pendant ce temps, les miliciens Azandé, fort de leur succès, ont très vite capturé la sous-préfète Koumba Ndiaye ainsi qu’un gendarme. Les deux sont gardés en otage. Résultat immédiat: aucun bureau de vote n’a ouvert ses portes. De toute manière, la quasi-totalité des électeurs à Bambouti ne possède de carte d’électeur, ce qui arrange bizarrement les choses d’une autre manière. La population reste chez elle tandis que le calme revient progressivement dans les rues désormais.
À plus de mille kilomètres de là, le pouvoir de Bangui a réagi mollement, se contentant d’un “tant pis pour eux” face à cette localité lointaine qu’on peut difficilement secourir rapidement. Cette prise de Bambouti montre bien que la sécurité promise reste un vœu pieu dans plusieurs régions.
Tandis qu’ailleurs dans le pays, le vote s’est déroulé sans incidents majeurs apparents, mais le tableau général demeure confus. Les mercenaires russes du groupe Wagner dictent leurs conditions dans certaines zones, les anciens combattants de l’UPC font de même chez eux, tout comme ceux du 3R. Chaque faction a imposé ses règles: ici on vote, là on ne vote pas, et quand on vote, on sait déjà pour qui.
À Bambouti, pendant ce temps, les habitants attendent de voir ce que deviendront leur sous-préfète et le gendarme capturé. Les soldats réfugiés au Soudan du Sud ne savent pas quand ils pourront rentrer.
Source: Corbeau News Centrafrique
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