Camp de Mboti: Appel des Réfugiés Centrafricains Oubliés

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Camp de Mboti: Appel des Réfugiés Centrafricains Oubliés
Camp de Mboti: Appel des Réfugiés Centrafricains Oubliés

Africa-Press – CentrAfricaine.
Installés depuis plus d’une décennie sur le territoire congolais d’Ango, les réfugiés centrafricains du camp Mboti lancent un appel pressant aux autorités et organisations humanitaires.
Bandassé Bely Eymar, secrétaire général du comité directeur des réfugiés centrafricains, porte la voix de milliers de déplacés installés dans la province de Bazouele. Son témoignage éclaire la réalité d’un exil qui s’éternise sans perspective concrète d’amélioration. Originaire de Bangui où résident encore ses parents, il incarne le parcours d’une génération arrachée à sa terre natale par les violences de 2013.

Cette année-là, une simple visite familiale à Bangassou s’est transformée en point de non-retour pour des milliers de Centrafricains. L’offensive des forces Séléka dans la province de Mbomou a précipité l’exode massif vers le Congo voisin. Le passage par Ndou a scellé le début d’une errance qui perdure aujourd’hui dans des conditions d’une précarité difficile.

Depuis leur installation, des familles centrafricaines entassées au camp de Mboti survivent dans un dénuement quasi total depuis leur arrivée. Les personnes âgées, privées de soins médicaux adaptés, voient leur santé se dégrader de jour en jour. Les mères de famille peinent à nourrir leurs enfants convenablement tandis que les maladies se propagent faute d’infrastructures sanitaires dignes de ce nom.

Cette détresse sanitaire s’aggrave par l’absence criante de structures médicales fonctionnelles dans le camp. Les cas de paludisme, de malnutrition infantile et de maladies chroniques non soignées se multiplient sans que personne n’intervienne. Les décès évitables ponctuent la vie quotidienne de cette communauté abandonnée à son sort, créant un climat de désespoir croissant parmi les résidents.

Malgré le désir ardent de rentrer au pays, les obstacles matériels et financiers demeurent insurmontables pour la majorité. Les jeunes générations possèdent certes la force physique nécessaire au voyage de retour vers la Centrafrique. Néanmoins, abandonner les aînés et les plus fragiles derrière eux constitue une option moralement inacceptable pour ces communautés attachées aux valeurs de solidarité familiale.

Le gouvernement centrafricain reste interpellé sur sa responsabilité d’organiser le rapatriement de ses ressortissants exilés. Un financement adéquat permettrait d’assurer le transport sécurisé de l’ensemble des familles désireuses de regagner leurs villages d’origine. Cette démarche nécessiterait également des garanties concernant la sécurité et la réintégration économique des rapatriés sur le sol centrafricain.

Les autorités congolaises de Kinshasa se trouvent également sollicitées pour améliorer les conditions d’accueil temporaires de ces populations réfugiées. L’accès à l’eau potable, à l’éducation pour les enfants et aux soins de santé de base constituent des droits fondamentaux bafoués quotidiennement. La province de Bazouele ne dispose manifestement pas des ressources suffisantes pour gérer seule cette crise humanitaire qui s’enlise.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés demeure l’interlocuteur privilégié pour coordonner une réponse internationale adaptée. Les standards minimaux en matière de protection des populations déplacées ne sont visiblement pas respectés à Mboti. Une intervention rapide s’impose pour éviter que cette situation ne dégénère davantage et n’engendre des pertes humaines supplémentaires évitables.

La documentation photographique et vidéo de la réalité du camp constitue désormais une priorité pour les responsables communautaires. Ces preuves visuelles permettront de sensibiliser l’opinion publique internationale sur l’ampleur de la crise oubliée. Un rapport circonstancié accompagnera ces supports pour quantifier précisément les besoins en assistance alimentaire, médicale et éducative de la population concernée.

Les enfants nés dans le camp grandissent privés d’avenir et d’opportunités d’épanouissement personnel. Leur scolarisation reste aléatoire quand elle existe, compromettant leurs chances d’insertion sociale future. Cette génération sacrifiée paie le prix d’un conflit qu’elle n’a pas choisi et d’un abandon institutionnel qui perdure année après année.

Les familles séparées par l’exil maintiennent difficilement le contact avec leurs proches restés à Bangassou ou dans d’autres régions centrafricaines. Le père de Bandassé, fonctionnaire dans la capitale, incarne ces liens distendus par la distance et l’impossibilité de se retrouver. Cette fracture familiale ajoute une souffrance psychologique à la précarité matérielle déjà insupportable du quotidien au camp.

Les responsables du comité directeur multiplient les démarches auprès des instances compétentes depuis des années sans résultat tangible. Leur persévérance témoigne de la détermination à ne pas laisser sombrer leur communauté dans l’oubli définitif. Chaque tentative de communication avec l’extérieur représente un espoir fragile que quelqu’un finira par entendre leur appel et agir en conséquence

Source: Corbeau News Centrafrique

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