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Les décisions concernant les formations militaires à l’étranger engagent l’avenir des jeunes cadres pour plusieurs années. Choisir une académie plutôt qu’une autre devrait reposer sur des critères pédagogiques et stratégiques. Or, une donnée inattendue vient compliquer cette équation: la reconnaissance ultérieure des grades varie considérablement selon la provenance géographique de la formation reçue.
Il y’a lieu de noter que la formation militaire à l’international demeure un passage obligé pour les jeunes officiers de la sécurité centrafricaine. Les académies étrangères accueillent régulièrement des contingents d’élèves officiers venus parfaire leurs compétences dans diverses spécialités sécuritaires. Ces formations, souvent longues et exigeantes, devraient normalement déboucher sur l’attribution des galons immédiatement après.
Pourtant, une réalité émerge depuis quelque temps au sein du ministère centrafricain de la défense. Plus de vingt-sept élèves officiers de la gendarmerie, envoyés en formation militaire supérieure en Russie entre 2021 et 2023, poursuivent encore actuellement leur cursus dans les académies russes. Leur situation académique progresse normalement, leurs compétences s’affinent, mais leurs galons ne viennent toujours pas.
Ces gendarmes, toujours en apprentissage loin du pays, constatent avec amertume qu’aucun décret ne leur accorde leurs galons mérités. Contrairement aux procédures habituelles, leurs dossiers semblent bloqués dans une inertie bureaucratique incompréhensible. Pendant qu’ils étudient et progressent dans leur formation, leurs uniformes restent désespérément vierges de toute distinction, comme si leur déplacement géographique avait effacé leur droit à la promotion.
Cette négligence devient encore moins acceptable quand on observe le traitement réservé à d’autres promotions. Six jeunes officiers partis en Ouganda pour une formation de six mois seulement en 2025 viennent de recevoir leurs galons. La semaine dernière, ils ont eu leurs décrets. Ça leur permettront d’arborer leurs grades, alors même que leur formation reste bien plus courte que celle de leurs collègues en Russie.
La rapidité de cette attribution s’oppose avec l’abandon qui frappe ceux partis vers les académies russes. Les textes réglementaires prévoient normalement des délais précis pour donner les galons après une formation qualifiante. Dans le cas des formations africaines, ces galons arrivent avec diligence. Pour la Russie, ils semblent avoir été relégués aux oubliettes.
Cette différence de traitement interroge nécessairement sur les critères appliqués par le ministère. Pourquoi une formation de six mois en Afrique génère-t-elle des galons immédiats, tandis qu’un cursus de plusieurs années en Russie n’entraîne aucune attribution? La logique qui sous-tend ces décisions échappe complètement aux règles habituelles de gestion des carrières militaires.
Source: Corbeau News Centrafrique
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