Contre-offensive à Bambouti: Azandés encerclent mercenaires

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Contre-offensive à Bambouti: Azandés encerclent mercenaires
Contre-offensive à Bambouti: Azandés encerclent mercenaires

Africa-Press – CentrAfricaine. La reconquête de la ville frontalière de Bambouti s’est transformée en piège mortel pour les forces gouvernementales. Les miliciens Azandés, informés de l’attaque imminente des Wagner, ont adopté une nouvelle stratégie. Six Wagner ont péri dans l’accrochage malgré l’appui aérien des hélicoptères Apache déployé par les forces russes.

Tout commence le dimanche 28 décembre vers quatre heures du matin. Les miliciens Azandés déferlent sur Bambouti, cette ville frontalière du Haut-Mbomou collée au Soudan du Sud. En quarante-cinq minutes, la localité bascule. Les soldats des FACA jettent leurs armes et fuient, certains vers Sarchibou au Soudan du Sud, d’autres vers la base de la MINUSCA.

Les miliciens Azandé en ont profité pour capturer deux personnalités importantes ce jour-là. La sous-préfète tombe entre leurs mains ainsi que le commandant de brigade de la gendarmerie. Ces prises garantissent aux miliciens une forme de protection temporaire. Bambouti se retrouve occupée pendant que le reste du pays vote dans le chaos total des fraudes massives organisée par le gouvernement.

Pendant les cinq jours suivants, le silence règne du côté de Bangui. Mais derrière ce calme apparent, une riposte se prépare méthodiquement. Les mercenaires russes stationnés à Mboki reçoivent l’ordre de bouger. Les soldats FACA revenus de Djema après les scrutins convergent également vers Obo par hélicoptère, le chef-lieu de préfecture où tout le monde se rassemble.

Pourtant, la préparation ne passe pas inaperçue pour tout le monde, y compris les miliciens Azandé. Les informations circulent vite dans ces zones où chacun surveille les mouvements des autres.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la colonne se met en marche. Des dizaines de mercenaires russes et de soldats FACA sur leurs motos. Le convoi quitte Obo dans l’obscurité, roulant vers Bambouti distante de plusieurs dizaines de kilomètres. L’objectif reste simple: arriver avant l’aube, se positionner discrètement, puis frapper au lever du jour avec l’appui des hélicoptères.

Arrivés à proximité de la ville, les hommes descendent de leurs motos et prennent position. Ils attendent l’heure H dans le noir, confiants dans leur supériorité militaire. Les hélicoptères Apache doivent arriver au matin pour bombarder les positions ennemies avant l’assaut terrestre. Le plan semble carré sur le papier.

Mais les miliciens Azandés ont déjà tout compris. Leurs éclaireurs ont repéré le convoi pendant sa progression nocturne. Ils connaissent l’emplacement exact où les forces gouvernementales se sont déployées. Au lieu de les attendre de face, ils élaborent une tactique plus rusée qui va changer la donne.

Une partie des miliciens reste en ville pour tenir les positions et absorber le choc initial. L’autre partie effectue un mouvement de contournement pendant la nuit. Ces hommes se glissent dans l’obscurité, évitent les sentinelles éventuelles, et viennent se positionner derrière les mercenaires russes et les soldats FACA. Le piège se referme sans que personne ne s’en aperçoive.

Le jeudi matin, le ballet commence. Les hélicoptères Apache surgissent dans le ciel de Bambouti avec leur bruit caractéristique. Les roquettes partent vers les quartiers où se cachent les miliciens. Les explosions défigurent des maisons, soulèvent des nuages de poussière et de fumée. Les mercenaires russes avancent alors vers la ville, persuadés que la voie est dégagée.

C’est à cet instant que tout bascule. Les miliciens embusqués derrière eux ouvrent le feu simultanément. Les mercenaires russes se retrouvent pris entre deux fronts: devant eux, la résistance des Azandés en ville qui ripostent malgré les bombardements, derrière eux, une attaque surprise qui sème la confusion totale dans leurs rangs. Et c’est le chaos total au sein des forces de Wagner.

La situation devient chaotique pour les forces gouvernementales. Certains mercenaires tentent de riposter face à eux, d’autres pivotent pour faire face aux tirs venus de l’arrière. La coordination se désagrège. Les ordres se perdent dans le vacarme des explosions et des rafales. Les hélicoptères continuent de bombarder mais ne peuvent distinguer ami et ennemi dans cette mêlée.

Les pertes commencent à s’accumuler du côté des Wagner. Un premier mercenaire tombe, puis un deuxième, puis un troisième. Les tirs des miliciens Azandés trouvent leurs cibles avec une précision déconcertante. Ces hommes connaissent le terrain, savent où se placer, comment tirer et se replier. Ils exploitent chaque avantage offert par la topographie de la ville.

Les bombardements aériens frappent sans discernement maintenant. Les roquettes pleuvent sur les quartiers résidentiels, cherchant à écraser toute résistance. Une mère de famille périt dans sa maison effondrée. Des habitants qui tentaient de récupérer quelques affaires se font faucher par les éclats ou les balles perdues. Le prix civil de cette reconquête grimpe rapidement.

Au sol, le bilan des mercenaires russes s’alourdit encore. Un quatrième Wagner tombe, puis un cinquième, puis un sixième. Six morts en quelques heures de combat, un chiffre rare pour ces combattants habituellement dominateurs. Un septième mercenaire est grièvement touché et doit être extrait d’urgence vers un point de soins des Wagner. La blessure semble grave, peut-être mortelle.

Malgré ces pertes inhabituelles, la puissance de feu aérienne finit par peser. Les hélicoptères Apache continuent leurs rotations, déversant des tonnes d’explosifs sur Bambouti. Les miliciens Azandés comprennent qu’ils ne pourront tenir indéfiniment face à cette avalanche de feu. Ils ont infligé des dégâts sérieux, prouvé qu’ils pouvaient mordre, mais la partie devient intenable.

Progressivement, les Azandés se replient. Ceux qui étaient en ville évacuent leurs positions par petits groupes. Ceux qui tenaient l’arrière des mercenaires russes se volatilisent dans la brousse environnante. En fin de journée jeudi, Bambouti retombe entre les mains des forces gouvernementales qui découvrent une ville dévastée et leurs propres pertes.

Ces forces gouvernementales forment un assemblage hétéroclite. Les mercenaires russes du groupe Wagner côtoient les soldats FACA qui les accompagnent. S’ajoutent aussi les ex-rebelles de l’UPC, l’Union pour la paix en Centrafrique, désormais ralliés au pouvoir et intégrés dans ce mélange opérationnel. Ensemble, ils reprennent possession de Bambouti exsangue.

Désormais, il est temps pour les soldats FACA en fuite vers le Soudan-du-sud de revenir sur leurs checkpoints et recommencer à racketter les civils. Bienvenue à Bambouti libérée par les Wagner, et encore Touadera peut dire merci à ces criminels russes, les rois de la propagande.

Source: Corbeau News Centrafrique

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