Africa-Press – CentrAfricaine. La situation de l’entreprise pétrolière Tamoil (Total Énergies) en République centrafricaine tourne au drame humain pour des dizaines de familles. Pris entre les réquisitions du gouvernement et l’abandon apparent de leur direction française, des employés se retrouvent sans salaire ni communication depuis des mois.
Le ministre de l’Énergie, Bertrand Arthur Piri, a procédé, avec les membres de sa mafia, à la réquisition de stations-service Tamoil, une décision que certains experts qualifient d’illégale. Cette intervention gouvernementale arrive après un blocage qui durait déjà depuis plus de 18 mois. Si le gouvernement explique que ces réquisitions visaient à maintenir l’approvisionnement énergétique du pays, elles ont créé un vide juridique et social, laissant les travailleurs dans l’incertitude la plus totale.
Enguerrand Rochefort, directeur de Tamoil France (Total Énergies), est au cœur des critiques. La direction n’assure plus aucune communication avec ses employés centrafricains. Les griefs sont lourds: absence totale de dialogue avec le personnel local, salaires impayés ou versés de manière aléatoire créant « une galère tous les mois », dettes non honorées, refus de suivre les solutions proposées malgré le blocage prolongé.
« Il ne donne et ne respecte aucun de ses employés », dénonce une source centrafricaine. « Des pères et mères de famille se retrouvent abandonnés sans aucune explication ».
Depuis les réquisitions, les employés de Tamoil se trouvent dans un no man’s land administratif et financier. Ni le gouvernement centrafricain ni la direction française ne semblent assumer la responsabilité de leur situation. Des sources évoquent également une vendetta entre la direction de Tamoil et le ministre Piri.
Comme tout le monde le sait, un conflit entre autorités nationale et multinationales finit toujours par frapper les travailleurs ordinaires en premier, les privant de leurs moyens de subsistance. Les accusations volent entre gouvernement et entreprise. Pendant ce temps, qu’en est-il de la responsabilité sociale des entreprises étrangères opérant en Centrafrique? Jusqu’où peuvent aller les prérogatives gouvernementales en matière de réquisition?
Les employés de Tamoil, eux, attendent toujours qu’on leur rende leur dignité: celle d’être informés, payés et respectés pour le travail qu’ils continuent ou ont continué d’accomplir.
Source: Corbeau News Centrafrique
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