Africa-Press – CentrAfricaine. Abdel Kani Mahamat Sallé, ancien commandant de zone à Ndélé, est activement recherché par la Cour pénale spéciale de Bangui pour le massacre de civils au marché de Ndélé pendant le ramadan en 2020. Malgré ce mandat d’arrêt, il vient d’arriver à Ndélé à bord du véhicule du ministre de l’agriculture Guismala Hamza.
Le parcours d’Abdel Kani à travers le pays raconte comment un homme traqué par la justice, mais pas la moindre, peut circuler librement grâce à des complicités de ses frères au sommet de l’État. Après le massacre, ce colonel fuit Ndélé dans le pick-up du ministre de l’agriculture. Une fois à Bangui, il trouve refuge dans le quartier Bazanga. Recherché par la CPS, le ministre Abazène organise rapidement son transfert vers Nola pour le tenir loin de la Cour pénale spéciale.
Pendant plusieurs années, Abdel Kani se terre dans une mine d’or. Les forces de l’ordre fouillent sa maison, mais il s’échappe à temps. Un véhicule arrive pour le récupérer et le ramener vers Bangui. Arnaud Djoubaye Abazène contacte son frère Guismala Hamza, ministre de l’Agriculture, qui accepte de le convoyer jusqu’à Ndélé. Comme vous le savez, dans les convois ministériels, aucun contrôle policier ou gendarmerie ne vient entraver le voyage du fugitif.
Le 4 décembre 2025, le véhicule ministériel atteint Ndélé vers 5 heures du matin. Après avoir foulé le sol de Ndélé, le fugitif quitte immédiatement Ndélé pour un village voisin, Lemena.
Cette protection accordée à un suspect de massacre trouve ses racines dans les événements de 2020. À cette époque, la guerre à Ndélé est financée par le régime via ses ministres issus du nord qui sont dans le gouvernement. Azor Kalite dirige les mouvements armés avec des mercenaires soudanais commandés par le Général Djazouli. Les ministres Guismala Amza, Gilbert Toumou Deya et Djono Haba assurent le financement de cette guerre qui tue des centaines de civils et réduit des villages en cendres. Arnaud Djoubaye Abazène, ministre de la Justice et proche parent des suspects, joue un rôle central dans cette affaire dans la coordination du mouvement de tous ces rebelles.
Mais, la surprise arrive. La MINUSCA arrête plusieurs suspects en 2020 et les transfère à Bangui. Parmi eux: Kalite Azor, Charfadine Moussa, Antar Hamat, Wodjonodroba Oumar Oscar, Général Faché, Younouss Kalamyal, Atahir English, Fotor Sinine et Youssouf Moustapha alias Badjadje. Ils sont incarcérés à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie.
Le ministre Arnaud Djoubaye Abazène intervient très rapidement et fait libérer quatre suspects: Odjo, Amza, Awdalla et Amine Saboune. Seuls Azor Kalite et Moussa Chaffardine restent derrière les barreaux du camp de Roux.
Après leur sortie de prison, chacun prend un chemin différent. Amine Saboune fuit au Soudan pour échapper définitivement aux poursuites. Amza et Awdalla rejoignent les groupes armés du nord, confirmant les liens entre certains membres du gouvernement et la rébellion. Odjo choisit une voie inattendue: il intègre l’école nationale de police au PK10.
Quelques mois après son entrée à l’école, les forces de l’ordre arrêtent Odjo et l’enferment à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie. Djoubaye Abazène ordonne une nouvelle fois sa libération. Convaincu de son impunité, Odjo se présente au procès de Kalite et Chaffardine devant la Cour pénale spéciale. Il ignore qu’un mandat d’arrêt a été émis contre lui. Les policiers présents dans la salle l’interpellent immédiatement. Il est aujourd’hui détenu au camp de Roux.
La Cour pénale spéciale lance des mandats d’arrêt contre d’autres suspects restés à Ndélé. Les forces de l’ordre localisent plusieurs d’entre eux et lancent une opération d’arrestation. Les accusés sortent leurs armes et ouvrent le feu. Un échange violent éclate. Le Général Adam Moukatar meurt dans l’affrontement. Ses complices profitent de la confusion pour s’enfuir: Général Younouss Kalam Iyal, Général Atahir Inglish, Général Moussa Badjat, Général Fâché et Général Abdel Kani.
En juin 2023, durant la campagne référendaire pour la nouvelle constitution, Guismala Amza se rend à Ndélé. Il ramène discrètement le Général Abdel Kani à Bangui. D’autres suspects prennent aussi la route de la capitale individuellement. Informée de leur présence, la Cour pénale spéciale intensifie ses recherches.
Face à cette pression, les ministres Djono Ahaba et Guismala Amza agissent rapidement. Guismala Amza cache Abdel Kani dans sa ferme sur la route de Mbaïki. Djono Ahaba dissimule d’autres suspects sur son site minier à Boda: les Généraux Anama Dogache, Alanta et Garba Nasser Garmadia. Ces décisions montrent comment le pouvoir politique protège activement des hommes accusés de crimes de masse.
Source: Corbeau News Centrafrique
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