Individualisme Comme Terreau Des Dictatures Selon Mara

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Individualisme Comme Terreau Des Dictatures Selon Mara
Individualisme Comme Terreau Des Dictatures Selon Mara

Africa-Press – CentrAfricaine. Jean-Pierre Mara ne mâche pas ses mots. Le député centrafricain pointe du doigt ce qu’il considère comme les racines profondes de la crise politique que traverse le pays: une mentalité généralisée où l’individualisme et l’émotionnel priment sur l’intérêt collectif. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, l’élu dresse un constat sans appel sur les maux qui rongent la société centrafricaine.

“La culture africaine du culte du bien-être individuel et l’émotionnel sont les deux raisons de la situation actuelle en République centrafricaine”, affirme-t-il sans détour. Pour le parlementaire, cette logique comportementale constitue un terreau fertile pour les régimes autoritaires qui prospèrent sur la division et l’absence de cohésion sociale.

L’analyse de Jean-Pierre Mara va plus loin. Il établit un lien direct entre la quête effrénée d’avantages personnels et la consolidation du pouvoir dictatorial. “Les dictateurs tirent leurs succès de l’acharnement de chaque individu qui se cherche un statut personnel, un pouvoir personnel, surtout un profit personnel sans tenir compte de l’intérêt général”, explique-t-il. Cette obsession du gain individuel, selon lui, transcende les clivages sociaux et touche autant les responsables politiques que les citoyens ordinaires.

Cette fragmentation de la société empêche, selon le député, toute mobilisation efficace pour défendre les intérêts communs. Chacun navigue selon ses propres calculs, sacrifiant la vision collective sur l’autel de ses ambitions personnelles. Cette atomisation sociale offre aux dirigeants autoritaires un environnement idéal pour exercer leur emprise sans résistance organisée.

Les propos du parlementaire Jean-Pierre Mara résonnent particulièrement dans l’actualité politique centrafricaine. Alors que l’échéance présidentielle de 2025 approche, les accusations de verrouillage démocratique se multiplient. L’opposition dénonce régulièrement des manœuvres visant à restreindre l’espace politique et à limiter la compétition électorale.

Cette sortie de Jean-Pierre Mara s’inscrit dans un débat plus large sur les défis de la démocratie en Afrique centrale. Elle interroge sur la capacité des sociétés à transcender les intérêts particuliers pour construire un projet national partagé. Une question d’autant plus pertinente que Bangui, centre névralgique du pouvoir, concentre les enjeux politiques que les autres localités du pays, qu’elles soient proches comme Damara (76 kilomètres) ou éloignées comme Ndélé (654 kilomètres), subissent souvent les conséquences de cette centralisation excessive.

La réflexion du député Jean-Pierre Mara invite à une introspection collective. Comment briser ce cercle vicieux où l’individualisme nourrit l’autoritarisme, qui à son tour encourage davantage d’individualisme? La réponse à cette équation complexe déterminera largement l’avenir démocratique du pays et sa capacité à offrir à ses citoyens un cadre de vie digne, de Bangui jusqu’aux confins du territoire national.

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