Africa-Press – CentrAfricaine. Mardi dernier, Bangui a connu sa première pluie de février 2026. Quelques heures d’averse ont transformé les routes prétendument neuves en bourbier, exposant l’ampleur du gâchis.
Les images qui circulent depuis ce jour-là ne laissent aucune place au doute. Le long des artères principales, là où le gouvernement vante ses infrastructures modernes, le spectacle est navrant. Des rigoles entières se sont effondrées, laissant apparaître un mélange de terre rouge et de détritus. Les motos-taxis slaloment entre les flaques tandis que les piétons tentent d’éviter de glisser.
Ce que les autorités appellent fièrement « enrobé » ressemble davantage à une fine couche de colorant noir posée à la va-vite. Dès les premières gouttes, cette pellicule se détache, emportée par le ruissellement. On découvre alors ce qui se cachait dessous: du sable, des gravillons, parfois rien du tout. Les trous se creusent à vue d’œil, avalant bout après bout ce semblant de revêtement routier.
Les habitants du quartier ne cachent plus leur colère devant ce désastre annoncé. Beaucoup évoquent ouvertement la corruption, les appels d’offres truqués, les entreprises fantômes qui empochent des millions sans jamais livrer un travail digne de ce nom. L’argent file ailleurs, dans des poches bien garnies, pendant que la population patine dans la gadoue.
Ce décalage entre les discours et la réalité devient de plus en plus difficile à masquer. On annonce des kilomètres de voies réhabilitées, on organise des inaugurations avec coupure de ruban et photos de ministres souriants. Puis vient la première pluie de février, et tout s’écroule en quelques minutes à peine.
Les commerçants installés le long de ces routes en paient le prix fort aujourd’hui. Leurs tables sont éclaboussés, leurs marchandises souillées par la boue qui remonte depuis les fondations inexistantes.
Ce premier épisode pluvieux de février n’est malheureusement pas un cas unique à Bangui. D’autres quartiers de la capitale connaissent le même sort depuis mardi. Les travaux bâclés se multiplient, les malfaçons deviennent la norme plutôt que l’exception. Les entreprises chinoises et libanaises enchaînent les chantiers médiocres sans jamais être inquiétées par les autorités.
Le silence du maire de Bangui en dit long sur sa gestion de la situation. Aucun communiqué, aucune explication, aucune annonce de réparation depuis que l’averse a ravagé les routes. Comme si cette dégradation était normale, acceptable, voire inévitable pour une ville africaine. Les citoyens sont laissés à eux-mêmes, obligés de composer avec un réseau routier qui n’en a que le nom.
La saison des pluies ne fait pourtant pas encore commencer en cette première semaine de février. Si une simple averse suffit à provoquer de tels dégâts, les semaines à venir s’annoncent catastrophiques pour la circulation dans la capitale. Les rues de Bangui risquent tout simplement de disparaître sous l’eau et la terre, transformant chaque déplacement en parcours du combattant pour des milliers
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