Africa-Press – CentrAfricaine. « Le régime a instauré la misère pour mieux manipuler la population », a-t-il affirmé d’un ton ferme. Selon Karl Blague, cette pauvreté n’est pas un simple héritage des crises passées, mais un instrument politique entretenu pour rendre les citoyens dépendants du pouvoir. Les manifestations organisées par le Mouvement Cœurs Unis (MCU) s’inscriraient dans cette logique. « Quand le président organise une manifestation, c’est à coups de billets de banque », a-t-il insisté.
Dans les quartiers périphériques de Bangui, il n’est pas rare d’entendre des citoyens affirmer qu’ils ont été « mobilisés » contre une petite somme ou un ticket de transport. Blague estime que cette pratique fausse la perception de l’opinion publique: « Ce n’est pas par conviction que les gens quittent leurs quartiers pour aller applaudir le président. C’est parce qu’on les paie ». Pour lui, cette réalité démontre l’absence d’adhésion populaire réelle.
Derrière ces accusations, c’est toute la situation économique du pays qui est mise en cause. Le revenu moyen par habitant reste l’un des plus faibles d’Afrique centrale. En 2024, la croissance économique ne dépassait pas 2,1 %, bien en dessous du taux de croissance démographique. La dette publique avoisine les 60 % du PIB, et les dépenses sociales sont insuffisantes. Malgré les ressources naturelles du pays et les centaines de milliards obtenus à travers des programmes comme le RCPCA, les conditions de vie de la majorité de la population ne se sont pas améliorées.
Pour Karl Blague, cette gestion est volontaire. « Il n’y a pas de réelle volonté de sortir la population de la pauvreté. Plus les gens sont misérables, plus ils sont faciles à contrôler ». Il accuse le régime d’avoir institutionnalisé cette stratégie, en y mêlant propagande, clientélisme et assistanat politique. Le système, selon lui, repose sur un équilibre cynique: maintenir la population dans le besoin pour qu’elle reste dépendante des aides ponctuelles du pouvoir.
La candidature de Faustin-Archange Touadéra à un troisième mandat, soutenue par ses proches comme une réponse à une « volonté populaire », est perçue par Karl Blague comme une provocation. Il rejette les arguments des défenseurs du régime, selon lesquels la population vivrait mieux qu’avant. « C’est faux. Les gens vivent dans la peur, dans la faim, et dans l’attente d’un billet pour applaudir ».
Pour Blague, le véritable enjeu n’est pas seulement électoral. Il s’agit de rompre avec un système fondé sur la détresse humaine. « On ne doit pas avoir à payer quelqu’un pour qu’il soutienne un président. Le jour où le peuple reprendra sa dignité, ce régime s’effondrera ».
Source: Corbeau News Centrafrique
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