Africa-Press – CentrAfricaine. La rédaction de Corbeau News Centrafrique a reçu ce jour une lettre attribuée à Nourd Gregaza. Le signataire, présenté par les autorités comme évadé de l’OCRB depuis le 14 décembre 2025, affirme que plusieurs membres de sa famille ont été arrêtés après son départ de l’OCRB et restent détenus sans base légale. Voici l’intégralité de sa lettre ouverte:
Monsieur le Président de la République,
Chef de l’État,
Garant de la Constitution et de l’unité nationale,
Je m’adresse à vous publiquement en raison de la gravité extrême des faits qui se déroulent actuellement en République centrafricaine et qui engagent directement votre responsabilité politique et constitutionnelle.
Après avoir été maintenu en détention pendant près d’un an et demi, sans être entendu, sans jugement équitable, sans fondement sérieux et en violation des garanties constitutionnelles, je constate aujourd’hui que cette injustice s’est étendue à des membres de ma famille, arrêtés et détenus non pour leurs propres actes, mais en raison de ma situation personnelle. Cette pratique est indigne d’un État qui se réclame de l’État de droit.
La Constitution centrafricaine est pourtant claire.
Son article 17 consacre le principe fondamental de la responsabilité pénale individuelle qui dispose expressément:
« La responsabilité pénale est individuelle. Nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné pour des faits d’autrui. » Son article 19 garantit la protection des libertés fondamentales et l’égalité de tous devant la loi.
En faisant arrêter des parents, maintenant en prison des proches, des citoyens sans responsabilité pénale établie, les autorités que vous dirigez transforment la justice en instrument de pression et la détention en moyen de représailles. Cela s’apparente à une prise d’otages institutionnelle, incompatible avec les valeurs républicaines et les engagements internationaux de la République centrafricaine, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Je tiens à être parfaitement clair:
si j’ai quitté la prison, c’est seul et c’est parce que les conditions de ma détention, sa durée injustifiée et l’absence persistante de perspectives judiciaires m’y ont contraint. Cette situation est la conséquence directe d’un abus initial, et non son origine. En aucun cas elle ne saurait justifier que des innocents soient privés de leur liberté.
Mes proches n’ont commis aucune infraction.
Ils ne doivent rien à la justice.
Ils ne sont responsables ni de mes choix, ni des dysfonctionnements de l’appareil judiciaire centrafricain.Ils ne peuvent être pourchassés comme c’est le cas !!!
Monsieur le Président, gouverner par la peur, par la punition collective et par l’arbitraire affaiblit l’État, fracture la nation et nourrit les injustices que notre pays prétend combattre. L’histoire politique de la République centrafricaine a déjà montré où mènent ces dérives.
Je vous mets donc publiquement face à vos responsabilités et vous demande:
– de garantir immédiatement l’intégrité physique, la liberté et la sécurité des membres de ma famille injustement détenus ;
– de mettre fin à toute forme de poursuites indirectes ou de pressions exercées à travers eux ;
– de rappeler à l’ordre les services concernés afin qu’ils agissent strictement dans le cadre de la Constitution et des lois de la République.
Les actes posés aujourd’hui ne disparaîtront pas avec le temps. Ils engagent durablement la responsabilité politique, morale et juridique de ceux qui les ordonnent comme de ceux qui les exécutent.
Pour ma part, je reste déterminé à faire valoir le droit, la vérité et la justice par toutes les voies légales, nationales et internationales, jusqu’à ce que cessent ces violations graves.
Il s’agit désormais d’une affaire entre l’État et moi.
Ma famille doit être immédiatement mise hors de cause.
Je prends l’opinion nationale et internationale à témoin.
Veuillez agréer,
Monsieur le Président de la République,
l’expression de ma détermination.
Source: Corbeau News Centrafrique
Pour plus d’informations et d’analyses sur la CentrAfricaine, suivez Africa-Press





