Raid Nocturne à Obo, Six Déplacés Arrêtés

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Raid Nocturne à Obo, Six Déplacés Arrêtés
Raid Nocturne à Obo, Six Déplacés Arrêtés

Africa-Press – CentrAfricaine. Dimanche 4 janvier 2026, aux environs de trois heures du matin, le site des déplacés de Nguili-Nguili a connu une vaste rafle menée par les forces armées et policières. Téléphones et argent confisqués, six déplacés embarqués vers la gendarmerie où ils attendent toujours leur sort.

Pendant que la bataille fait rage à plus de 100 kilomètres de là, notamment à Zemio et Bambouti entre les forces gouvernementales et les miliciens Azandé, natifs du Haut-Mbomou, à Obo par contre, les forces de l’ordre ont décidé de frapper dure. Ainsi, les gendarmes, policiers et soldats FACA ont encerclé le site des déplacés de Nguili-Nguili, situé à quinze kilomètres de Obo sur la route menant à Mboki. Leur mission officielle consistait, selon les auteurs, à débusquer des miliciens Azandé qui se seraient infiltrés parmi les déplacés du site. Selon eux, des informations crédibles font état de la présence des miliciens dans le coin.

Ainsi, l’opération s’est déroulée dans l’obscurité totale. Les agents ont fouillé les abris un par un, scrutant chaque recoin du campement. Ils ont ramassé les téléphones portables des déplacés, saisi les sommes d’argent qu’ils trouvaient, emporté divers objets personnels. Aucun assaillants n’a finalement été découvert durant cette perquisition musclée qui a duré plusieurs heures.

Avant leur départ, les forces de l’ordre ont néanmoins appréhendé six hommes parmi les déplacés du camp. Ces personnes ne portaient aucune arme et n’avaient rien de combattants. Il s’agissait simplement de cultivateurs qui vivaient là avec leurs familles, travaillant aux champs pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces six déplacés ont été conduits à la gendarmerie de Obo où ils demeurent enfermés depuis ce jour. Personne ne comprend vraiment les raisons de leur maintien en détention. Les autorités n’ont formulé aucune accusation précise contre eux, n’ont présenté aucun élément permettant de justifier leur incarcération prolongée.

Dans un tout autre registre, les soldats FACA ont provoqué un second incident au plein centre Obo. Ils ont complètement incendié la maison d’un jeune homme du quartier. Ce garçon fait partie de ces anciens miliciens Azandés qui avaient été formés puis intégrés dans l’armée nationale centrafricaine lors d’un processus de désarmement.

L’incendie de sa maison fait suite à une banale querelle survenue dans un débit de boissons traditionnelles. Des soldats FACA s’étaient rendus chez une vendeuse pour acheter du vin de palme. Toute la marchandise avait déjà été écoulée quand ils sont arrivés. La commerçante leur a signalé qu’une petite quantité restait disponible, mais qu’elle appartenait à un client qui l’avait entreposée chez elle en attendant de venir la récupérer.

Les militaires ne se sont pas souciés de cette précision. Ils ont pris le bidon et ont commencé à consommer le breuvage sur place. Quand le propriétaire est revenu chercher son achat, il a constaté la disparition de son bien. La vendeuse lui a expliqué que les soldats s’en étaient emparés.

Le jeune homme est entré dans une violente colère. Il a interpellé les militaires, leur demandant pourquoi ils avaient pris ce qui ne leur appartenait pas. Une altercation s’en est suivie. Les soldats, loin de s’excuser ou de proposer un dédommagement, ont renversé volontairement le bidon au sol. Le liquide s’est répandu dans la poussière.

Avant de partir, ils ont lancé des menaces à la vendeuse. Ils lui ont reproché de vouloir réserver sa marchandise uniquement aux membres de l’ethnie Zandé, de refuser de servir les autres clients. Ils ont ajouté que le propriétaire du vin allait voir ce qui l’attendait dans la nuit.

Quelques heures plus tard, la menace s’est concrétisée. Les soldats sont revenus et ont mis le feu à l’habitation du jeune homme. Les flammes ont tout dévoré, ne laissant que des décombres fumants. Le propriétaire se retrouve sans toit, ayant perdu tous ses biens dans cet incendie criminel.

Aucune poursuite n’a été engagée contre les auteurs de ces actes. Les militaires continuent leurs activités habituelles comme si rien ne s’était passé. L’impunité demeure totale pour ces agents en uniforme qui agissent selon leur bon vouloir. Les victimes, qu’il s’agisse des six cultivateurs emprisonnés ou du jeune homme dont la maison a brûlé, n’ont aucun recours. Chacun fait ce qu’il veut dans cette région où l’autorité semble avoir abandonné toute prétention à faire respecter la loi.

Source: Corbeau News Centrafrique

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