Sécurité Annoncée à Lim-Pendé, Habitants Inquiets

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Sécurité Annoncée à Lim-Pendé, Habitants Inquiets
Sécurité Annoncée à Lim-Pendé, Habitants Inquiets

Africa-Press – CentrAfricaine.
Lors du débat Patara organisé par la radio Ndékè-luka à Paoua, la préfète de la Lim-Pendé, Pierrette Bengueré, a décrit la situation sécuritaire de la préfecture comme atteignant 80 à 90 %. Elle a pris ses fonctions en août 2024 et a insisté sur les progrès réalisés, notamment dans les zones autrefois considérées comme dangereuses, désormais fréquentées par la population. Elle a aussi mentionné la présence renforcée des Forces armées centrafricaines à Bémal, prêtes à étendre leur contrôle vers Bédakha et Bembere.

Les autres participants ont livré un tableau bien différent. Esther Guettel, ancienne dirigeante de RJ Belanga et aujourd’hui engagée pour la paix, a expliqué que des groupes armés, en particulier les 3R basés à Bembere, restent présents avec leurs armes. Elle a décrit des actes de racket, de vols de bœufs, d’attaques contre des cultivateurs qui préparent leurs champs et même des viols signalés en périphérie. Selon elle, ces hommes n’ont pas déposé les armes malgré les appels du gouvernement et continuent de semer la peur dans les villages éloignés.

Jules Baitoloum, président préfectoral de l’URCA, a estimé que la sécurité réelle dans les zones rurales ne dépasse pas 35 %. Il a pointé la persistance des taxations par des hommes armés et le décalage entre le calme observé au centre de Paoua et les difficultés vécues dans les communes reculées.

Francis Béret, membre de la société civile, a reconnu une accalmie visible à Paoua-centre, où le marché fonctionne et les habitants circulent librement, mais a insisté sur les souffrances des populations périphériques. Il a rappelé que les barrières de racket ont disparu, mais que la menace reste dès que les autorités s’éloignent.

Les échanges ont aussi porté sur la transhumance en cours. Plusieurs intervenants, dont le maire de Bétoko et le sous-préfet de Ndime, ont dénoncé l’arrivée d’éleveurs armés, souvent accompagnés de miliciens recrutés au Tchad ou au Cameroun. Ces groupes dévastent les plantations, pillent les greniers et tirent parfois sur les cultivateurs qui tentent de protéger leurs champs. Les couloirs de transhumance tracés lors de réunions passées avec la MINUSCA et l’ONG Concordis n’ont pas été respectés ni réaménagés.

La préfète a expliqué que le processus de désarmement a été suspendu à cause des élections groupées de décembre, mais que le gouvernement reprendra bientôt l’initiative. Elle a ajouté que ces hommes armés se montrent moins violents qu’avant et que des sensibilisations permettent de limiter les tensions.

Esther Guettel a appelé directement le ministère du DDR à se déplacer rapidement à Paoua pour désarmer ces groupes. Elle a aussi dénoncé la présence d’étrangers intégrés dans les rangs des FACA, tandis que des Centrafricains ex-rebelles attendent toujours leur prise en charge. Jules Baitoloum et d’autres ont réclamé le rapatriement systématique des non-nationaux et un renforcement des moyens pour les forces de sécurité, notamment des véhicules adaptés au terrain.

Le débat a mis en évidence un calme relatif à Paoua-ville, mais une insécurité persistante dans les périphéries, alimentée par la présence prolongée des 3R et la transhumance armée. Les participants ont insisté sur l’urgence d’un désarmement effectif et d’une gestion réelle des frontières poreuses pour éviter une nouvelle montée des violences.

Source: Corbeau News Centrafrique

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