Africa-Press – CentrAfricaine. À Bangui, des fonds colossaux déversés chaque année par l’Union européenne et la Banque mondiale alimentent une opération citoyenne qui ne produit rien, pendant que des volontaires sans un franc font le travail que l’État refuse d’accomplir.
L’opération Kwa Ti Kodro, portée en fanfare par le président Touadéra et ses ministres, mobilise chaque semaine des cortèges d’officiels et de partisans — communément surnommés « cherchés à manger » — qui sillonnent la capitale en grande pompe pour repartir les mains propres et les poches pleines. Le résultat de toute cette agitation se mesure dans les caniveaux, dans les marchés, dans les rues: zéro.
Cette opération qu’ils prennent le courage d’appeler Kwa Ti Kodro, portée en fanfare par le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera, et ses ministres, mobilise chaque semaine des cortèges d’officiels et de partisans, communément surnommés « cherchés à manger », qui sillonnent la capitale en grande pompe pour repartir les mains propres et les poches pleines. Le résultat de toute cette agitation se mesure dans les caniveaux, dans les marchés, dans les rues: zéro.
Ce n’est pas une impression ni un jugement hâtif. C’est une réalité que n’importe quel habitant de Bangui peut vérifier en se rendant dans l’un des quartiers censés avoir bénéficié de ces opérations hebdomadaires. Les ordures s’accumulent, les caniveaux restent bouchés, et la ville continue de se dégrader au rythme exact où les milliards changent de mains.
C’est précisément dans ce contexte que le samedi 14 mars 2026, un groupe de jeunes volontaires conduit par Lagbégo Champion s’est rendu au marché de Ouango, dans le 7e arrondissement, sans budget, sans matériel officiel, sans banderole. Ils ont trouvé des caniveaux murés par des années d’immondices tassées en blocs compacts, une puanteur suffocante, et des vendeuses de nourriture qui survivent chaque jour dans cet environnement indigne que personne n’avait daigné toucher.
Sans attendre personne, les bénévoles ont retroussé les manches. Certains jeunes sont descendus sous les kiosques et les petits ponts pour curer à mains nues des passages abandonnés depuis des années, extrayant un volume de déchets dont l’ampleur dit tout sur ce que l’État fait réellement de l’argent des bailleurs internationaux.
Ce que ces citoyens ont accompli gratuitement en une journée, les équipes officielles de Kwa Ti Kodro n’ont pas su ou voulu le faire en des mois de passages répétés sur ce même site. La différence entre les deux est simple: les volontaires travaillent, les autres encaissent. Pendant que des milliards transitent du trésor public vers des mains que personne ne contrôle, des mamans vendent à manger au milieu des eaux stagnantes et des déchets en décomposition.
La réaction des partisans du régime à l’arrivée des bénévoles achève le tableau. Une banderole à l’effigie du chef de l’État a été installée à l’entrée du marché, comme pour marquer le territoire. Puis, une fois les déchets rassemblés en tas par les volontaires, des individus se sont annoncés pour venir les enlever et récolter le crédit du travail accompli par d’autres. La population du 7e arrondissement a tout vu.
Source: Corbeau News Centrafrique
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