Africa-Press – Comores. Le gouverneur déchu d’Anjouan, Abdou Salami Abdou, devrait changer de lieu de détention dans les prochains jours à en croire une source bien au fait du dossier. Les propriétaires de la résidence dans laquelle il est détenu réclament à l’État « plusieurs mois » d’arriérés de loyer.
Le deuxième prisonnier le plus célèbre des Comores est sur le point de changer de lieu de détention. Cette initiative, peu fréquente dans le milieu carcéral comorien, n’est pas due à un quelconque comportement dangereux de la part de l’ancien gouverneur d’Anjouan, mais d’une revendication de la famille propriétaire de la résidence qu’il occupe depuis son arrestation en octobre 2018, un duplex situé à Hombo dans les hauteurs de Mutsamudu, la capitale d’Anjouan. Les propriétaires réclament à l’État « plusieurs mois » d’arriérés de loyer selon nos informations. Les proches de M. Salami seraient déjà tenus informés de ce transfert dans une de ses maisons familiales. L’ex gouverneur, 49 ans, est un polygame. Si pour le moment nous ignorons le montant total dû, le loyer mensuel s’élèverait quant à lui à 300.000 de nos francs selon un membre de la famille propriétaire de ce duplex dont l’étage reste inoccupé pour des raisons de sécurité, et ce depuis qu’Abdou Salami Abdou est détenu au rez-de-chaussée, surveillé par des hommes en treillis fortement armés.
Abdou Salami Abdou était élu gouverneur d’Anjouan en 2016 sous les couleurs de Juwa, le parti de l’ancien président de la République Ahmed Sambi, lui aussi en détention depuis 2018. Il est déchu de ses fonctions fin 2018 après une manifestation transformée en guérilla urbaine entre civils armés et forces de l’ordre dans la médina de Mutsamudu. Poursuivi pour « atteinte à l’unité nationale, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à la sécurité publique », l’ex gouverneur est condamné à une peine de 12 ans de prison ferme à l’issue de son procès tenu au mois de mars 2020. Il est, avec quelques fidèles alliés, le grand absent de la liste des personnes impliquées dans cette affaire dite de la médina, graciées par le chef de l’État Azali Assoumani à l’occasion de la fête nationale du 6 juillet.
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