Aérien : Int’Air Iles lâché par le gouvernement ?

6
Aérien : Int’Air Iles lâché par le gouvernement ?
Aérien : Int’Air Iles lâché par le gouvernement ?

Africa-Press – Comores. Le ministre des Transports n’est guère tendre vis-à-vis de cette compagnie aérienne de droit comorien, qui risque de disparaitre définitivement du ciel comorien et remettre ainsi en cause la continuité territoriale.

C’est peu dire que les autorités ont tourné le dos à Int’Air Iles, du moins dans son bras de fer avec son bailleur d’avion tchèque, Van Air Europe. Le désaccord entre les deux parties résidait essentiellement sur le délai de préavis d’une semaine accordé à la partie comorienne par la partie tchèque qui voulait récupérer son aéronef. C’est ainsi que la partie comorienne a saisi la justice laquelle, dans une ordonnance du 10 février, a autorisé le décollage de l’avion qu’elle avait cloué au sol auparavant, mais « sous caution de 350.000 euros ». Une conditionnalité dont l’aviation civile comorienne n’a pas tenu compte pendant l’exécution de ladite ordonnance, Dieu seul sait pourquoi.

« Le Tribunal de commerce de Mutsamudu s’est déclaré incompétent pour juger l’affaire et l’Anacm a autorisé l’avion à repartir », affirme le ministre des Transports Bianrifi Tarmidhi, soutenant mordicus que la caution mentionnée dans l’ordonnance « n’avait pas à être versée ». Le ministre va plus loin jusqu’à affirmer que le bailleur n’était soumis à fournir aucun avion de remplacement avant de récupérer le premier. Des affirmations que balaient d’un revers de la main le PDG d’Int’Air Iles. « La justice comorienne est compétente pour juger l’affaire. Pour ce qui est de l’avion de remplacement, j’invite tout un chacun à se référer au contrat que nous avons signé avec Van Air Europe. Il est mentionné noir sur blanc que le bailleur doit fournir un avion de remplacement ».

En effet, selon les termes dudit contrat, notamment en son article 5.5, si l’aéronef est rendu définitivement inadapté à une utilisation normale pour quelque raison que ce soit pendant la durée du contrat, le bailleur est tenu de mettre à la disposition du locataire un aéronef de remplacement de spécifications équivalentes et que si un tel aéronef de remplacement n’est pas disponible, le contrat est résilié immédiatement sans autre responsabilité du bailleur, sauf les droits et obligations accumulés jusqu’à la date de cette résiliation. On constatera ici que quelque chose semble échapper au ministre des Transports.

Une campagne de dénigrement, et c’est le cas de le dire, est menée contre Int’Air Iles notamment dans le quotidien de l’État. Dans ses colonnes, le canard affirme qu’Int’Air Iles traine des ardoises auprès de son bailleur, s’élevant à 579 381 euros. « Je me demande pourquoi la partie tchèque n’a pas réclamé son argent pendant le procès. Et pourquoi l’ordonnance du 10 février a autorisé le décollage de l’avion sous caution de 350 000 euros aux mains de la société Int’Air Iles. Van Air Europe a juste demandé 20.000 euros pour les dommages et préjudices subies depuis l’immobilisation de l’aéronef. Il faut vraiment être un malade mental pour réclamer une modique somme et renoncer à des centaines de milliers d’euros », ironise le patron d’Int’Air Iles, Seffoudine Inzoudine. Ce dernier devrait peut-être faire son deuil, surtout quand le ministre des transports, lors de notre entretien téléphonique, a eu le courage de dire que ses missions de ministre « ne consistent pas à défendre les intérêts des compagnies comoriennes ».

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Comores, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here