Crash au large des Comores : le procès en appel de Yemenia Airways s’ouvre à Paris

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Crash au large des Comores : le procès en appel de Yemenia Airways s'ouvre à Paris
Crash au large des Comores : le procès en appel de Yemenia Airways s'ouvre à Paris

Africa-Press – Comores. Le procès en appel de Yemenia Airways démarre ce lundi devant la cour d’appel de Paris. La compagnie aérienne a été condamnée en première instance pour la mort de 152 personnes dans le crash d’un avion au large des Comores en 2009. Elle rejette toute responsabilité dans cet accident.

La justice française se penche de nouveau sur le crash du vol 626 de Yemenia Airways, survenu il y a presque 15 ans. Le procès en appel devant la cour d’appel de Paris débute ce lundi 4 mars en début d’après-midi et doit durer jusqu’au 28 mars.

Lors de la précédente procédure en première instance, qui s’est déroulée entre mai et juin 2022, le tribunal correctionnel de Paris a condamné la compagnie aérienne yéménite à une amende de 225.000 euros – le montant maximal – pour homicides et blessures involontaires. Celle-ci a fait appel, rejetant toute responsabilité dans le crash.

Un responsable de Yemenia présent

Le drame s’est produit dans la nuit du 29 au 30 juin 2009. À quelques minutes de l’atterrissage à l’aéroport de Moroni, capitale des Comores, l’avion s’est abîmé dans l’océan Indien, emportant 141 passagers, dont 65 Français, et 11 membres d’équipage. Seule rescapée de cette catastrophe, Bahia Bakari, 27 ans aujourd’hui, sera présente à ce nouveau procès. Alors âgée de 12 ans, la jeune fille a miraculeusement survécu après des heures passées dans l’eau, « agrippée à un débris d’avion ».

Un des responsables de Yemenia Airways devrait également être cette fois-ci présent pour exposer sa version des faits. Contrairement au procès en première instance où le banc des prévenus est resté vide. L’un des avocats de la compagnie, Me Léon-Lef Forster, l’a justifié à l’époque par la guerre qui ravage le Yémen. Conflit d’ailleurs toujours d’actualité.

Erreurs de pilotage

Les investigations menées sur les boîtes noires, retrouvées fin août 2009 par 1.280 mètres de fond, ont permis de conclure que l’accident était dû à une série d’erreurs de pilotage. En première instance, le tribunal a ainsi pointé du doigt « les imprudences en lien certain avec l’accident » de la compagnie. Notamment le maintien des vols de nuit en période estivale, où la météo était susceptible d’imposer une manœuvre d’atterrissage délicate, alors que certains feux de l’aéroport ne fonctionnaient pas. Le tribunal a aussi relevé l’affectation d’un copilote aux « fragilités professionnelles » alors que son rôle était particulièrement important au moment de l’approche nocturne sur Moroni.

La « sécurité aérienne suppose de raisonnablement anticiper une situation réelle, critique voir dangereuse pour l’avion et ses occupants et non d’espérer que, par chance, il n’y aura pas d’accident et d’aviser ultérieurement s’il s’en produit un », a tancé la présidente du tribunal, pointant la « culture de la sécurité et de la responsabilité défaillante » de la compagnie.

Me Léon-Lef Forster a alors défendu la compagnie citant « tous les dysfonctionnements extérieurs à la Yemenia, à savoir les problèmes de tour de contrôle, l’absence de lumière sur l’aéroport, l’absence de transmission de la météo ».

Un fonctionnement dénoncé depuis des mois

À noter par ailleurs que, lors de son ultime voyage, l’avion transportait de nombreux Comoriens et Français d’origine comorienne qui se rendaient dans l’archipel pour célébrer des « grands mariages », des cérémonies rassemblant des villages entiers. Partis de Paris ou Marseille, les passagers avaient changé d’avion à Sanaa, capitale du Yémen, pour un appareil plus vétuste. Ce fonctionnement et les conditions « exécrables » de vol sur la compagnie étaient dénoncés depuis des mois par une association, SOS Voyages aux Comores. L’état technique de l’avion – un Airbus A310 – n’a toutefois pas été jugé en cause dans l’accident, selon les conclusions des expertises judiciaires.

Outre l’amende, la compagnie a été condamnée à verser avec exécution provisoire, c’est-à-dire sans délai, un million d’euros au titre des honoraires d’avocats et 50.000 euros pour les frais d’accompagnement des proches à l’association des familles de victimes de la catastrophe. La Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs s’est vu octroyer 10.000 euros pour le préjudice moral et 20.000 euros en frais de justice.

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