Africa-Press – Comores. Suite à la rupture incessante du riz ordinaire à Mohéli, La Gazette des Comores a interrogé le directeur régional de la société nationale d’importation et de commercialisation du riz (ONICOR) Abdou Madi Mari ex-ministre de la défense sous le régime d’Azali 1.
Question: Nous avons remarqué que ces derniers temps il y a une pénurie de riz à Mohéli. Quelle est l’origine de cette rupture ?
Abdou Madi Mari : dans un premier temps je peux rassurer la population qu’il n’y a pas une pénurie de riz au Comores. Il y a suffisamment de riz actuellement à Anjouan et à Ngazidja. C’est à Mohéli où nous avons quelques problèmes. La cause c’est tout simplement un problème lié à l’acheminement dans l’île. Vous savez tous que l’ONICOR ne possède pas son propre bateau pour assurer la distribution de riz dans les îles. On négocie toujours avec des bateaux privés pour le transport vers Mohéli. Et la plupart du temps ces bateaux une fois arrivés à Anjouan préfèrent charger d’autres marchandises au lieu du riz car le chargement des marchandises sont payés directement tandis que le processus de payement du riz est assez long. Le deuxième facteur qui nous handicape c’est au niveau des dockers. Avant il y avait des dockers suffisants dans le port d’Anjouan pour assurer l’embarquement de ce produit alimentaire. Actuellement ce n’est pas le cas vu qu’il y’a un service qui gère ces dockers. Ils sont devenus comme des fonctionnaires d’État. Ils travaillent à partir de 7h30 jusqu’à 14h30 alors que souvent les bateaux qui acceptent de nous transporter le riz, doivent se charger jusqu’à 18h voir même 19h selon la journée. Donc tout cela prend du retard. Actuellement il y a quelques soucis car on a 22 conteneurs qui sont à Mutsamudu et qui devraient être acheminés ici.
Question: quelles solutions proposez-vous pour remédier à ces problèmes ?
AMM: Actuellement on n’a pas une solution à long terme. On continue de négocier toujours avec les armateurs de ces bateaux sinon il fallait voir avec le Bima ou encore le Falki djema pour qu’ils aient des installations permanentes permettant de transporter ce riz. Il fut un temps où la direction générale de l’ONICOR avait négocié avec le ministère des transports pour que le navire Bima parte à Madagascar pour des travaux permettant d’installer directement nos conteneurs de riz mais malheureusement ces négociations n’ont pas abouti et nous sommes toujours dans une impasse.
Question: nous avons remarqué aussi que même avec l’arrivée de quelques cargaisons, cela est loin de suffire par rapport à la commande des commerçants. Comment vous gérez la distribution ?
AMM: Ça c’est aussi un problème très difficile car si je prends par exemple la dernière cargaison qui était arrivée, la dernière fois on avait 22 conteneurs de riz à prendre depuis Anjouan. Et le bateau auquel on n’avait pu négocier ne nous avait ramené que 4 conteneurs. C’est impossible à gérer. On était obligé de distribuer cette petite cargaison en fonction de nos commerçants. Il y’a ceux qui avaient payé depuis 2023 et aujourd’hui on est en 2024, ils n’ont toujours pas reçu leur riz. On les a priorisé d’abord sachant encore qu’elle ne sera pas suffisante pour eux. On n’a pas la capacité de stocker le riz dans nos magasins ni même de contrôler les prix chez les commerçants. Souvent on effectue des descentes avec la gendarmerie pour contrôler le prix de vente dans les magasins mais ça nous décourage aussi car on leur fournit peu par rapport à leur demande.
Question: quel message donnez-vous à la population ?
AMM: je n’ai pas un message particulier pour l’instant. Toutefois je prie la population de bien respecter les prix fixés par l’État pour l’intérêt de tous, car malgré les difficultés que nous traversons actuellement, je reste optimiste que les choses finiront toujours par s’arranger. Mais faire rechausser les prix pour des fins personnelles c’est un pêché et cela est nuisible.
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