Persona non grata, l’influenceur Dylan Thiry quitte les Comores

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Persona non grata, l’influenceur Dylan Thiry quitte les Comores
Persona non grata, l’influenceur Dylan Thiry quitte les Comores

Africa-Press – Comores. L’influenceur controversé luxembourgeois a annoncé quitter les Comores après l’accueil très hostile qui lui a été réservé, suite aux révélations peu glorieuses sur sa personnalité, notamment par le collectif AVI.

C’est le cœur serré qu’il annonce la nouvelle à ses abonnés. Mercredi 11 juin, les internautes ont appris la décision de l’influenceur controversé luxembourgeois de quitter le territoire comorien, où il séjournait depuis quatre jours plus tôt. Un séjour qui aura été marqué par les dénonciations et alertes tout azimut notamment du collectif AVI (Aide aux Victimes d’Influenceurs), largement repris par des journalistes et médias comoriens. « J’ai pris la décision de rentrer. Il est impossible pour moi d’imaginer que ma femme soit en danger, de même que les bénévoles. En aucun cas, je ne me permettrais de mettre ces femmes en danger par rapport aux rumeurs qui se disent sur moi », devait-il annoncer sur ses plateformes, provoquant un soulagement pour les uns, et un dépit pour les autres.

Dylan Thiry, puisqu’il s’agit de lui, est arrivé aux Comores le 7 juin en tant que « touriste ». Sur le terrain, il menait non des visites touristiques mais…des actions humanitaires, contrevenant ainsi aux conditions de son séjour. « Pour mener ce genre d’activités, il devait demander un visa de courtoisie mais pas touristique », tranche un cadre du ministère des affaires étrangères, contacté par nos soins. Aussitôt sa présence signalée sur le territoire national, l’influenceur controversé a fait l’objet de révélations peu glorieuses sur son passé.

« Dylan Thiry est sous enquête suite à des plaintes pour “abus de confiance aggravé” concernant la gestion de son organisation humanitaire. Il continue aujourd’hui en toute impunité et agit sans association aux Comores. Soyez vigilants, ne faites aucun don ! », a prévenu le collectif AVI dès le lendemain de l’arrivée aux Comores du mis en cause. « Dans un Space AVI en février 2023, des humanitaires bénévoles ont courageusement témoigné sur Dylan Thiry après l’avoir rencontré en Turquie. Leurs récits émouvants ainsi que ceux d’autres intervenants révèlent des pratiques douteuses », a poursuivi l’organisation, mettant le lien du Space à la disposition des internautes.

La sensibilisation a réussi puisque dans la foulée, celui qui fait face à des plaintes à Paris pour « abus de confiance », « trafic d’enfants » mais aussi pour « proxénétisme » à Madagascar, s’est fait chasser sans ménagement d’un village du Sud de la Grande-comores, la principale île de l’archipel. « Tu n’es pas le bienvenu. Tu es persona non grata à Madagascar. Sache que tu l’es également chez nous. Tu es un escroc. On a vu ce que tu as fait à Mada (Madagascar, Ndlr) », lui lançait un jeune homme qui l’a invité, lui et sa bande, à quitter le village. « Partez. Montez dans la voiture. Allez escroquer les gens ailleurs car ici chez nous, dans notre village, vous ne nous aurez pas. On vous connait. Vous êtes des escrocs »

Bien qu’au courant des révélations en cascade à l’encontre du trentenaire, les forces de l’ordre ne comptaient pas l’inquiéter pour autant « sans mandat d’arrêt » émis par la justice. « Pour l’instant, rien ne nous permet de l’arrêter. Toutefois, nous l’avons à l’œil. Nous surveillons ses moindres faits et gestes », assurait la police nationale, contacté par La Gazette des Comores. Le procureur de Moroni n’a, quant à lui, pas souhaité donner suite à nos sollicitations. M.Dylan est aussi mis en cause dans une affaire de collecte de fond de 250.000 euros dont il n’a jamais fourni de bilan, une enquête préliminaire toujours en cours a été ouverte par la bigarade de répression de la délinquance astucieuse à Paris. A Moroni, « l’influvoleur », pour reprendre le rappeur Booba, avait envisagé de soutenir une mosquée dont le projet de construction dure depuis 8 ans. Malheureusement pour lui, ses ambitions n’auront été que de courte durée. « On a décidé de rentrer. Je n’ai aucune attache ici aux Comores. Je n’ai pas d’amis et pas de famille, hormis le fait que c’est un pays musulman et que je voulais faire des bonnes actions pour le Créateur ». Lequel Créateur a sans doute aidé à la prise de conscience des Comoriens face à un personnage peu scrupuleux.

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