Tsi la ulenga oha Ouledi…

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Tsi la ulenga oha Ouledi…
Tsi la ulenga oha Ouledi…

Africa-Press – Comores. A l’encablure d’une ruelle dans le quartier dit « Cable de Lion » à Zilmadju se niche un espace atypique. C’est le domaine de Dr Ouledi Ahmed, chercheur, écrivain, passionné et spécialiste de l’environnement.

Dès que vous franchissez le portail de la résidence du Dr Ouledi, vous comprenez très vite que ce lieu n’est pas anodin. Et ce n’est pas le hibou qui y rôde la nuit qui va le démentir. « C’est un domaine hérité de mes parents. J’ai construit un havre de paix au milieu du chaos de la ville ». C’est le cas de le dire. 1 demi-hectare clôturé de bout en bout. Une allée en pente, bordée de palmiers et cocotiers, qui mène vers une maison à étage. Mais le véritable trésor, c’est l’alentour de la maison.

Une forêt dense qui s’exploite par le biais de dalles enfouies au sol pour créer un petit chemin menant vers les différents recoins. « La biodiversité est respectée, on a des arbres centenaires. On a même des oiseaux endémiques du Karthala qui viennent ici ! L’institut d’herboristerie de l’Université des Comores, dirigé par Dr Andlyat Mohamed Abderemane et Mme Ramadhoini Islame, a identifié près de 150 espèces végétales », s’extasie l’hôte de ce jardin qui ne compte pas moins de 800 pieds de vanille et d’ylang ylang !

La visite démarre en pente. Le petit chemin que l’on suit est sinueux mais c’est là tout le charme de la visite. Arbres à pain (mfuryapa), citronniers, orangers, goyaviers… sont parsemés, majestueux ici et là. Au sol comme sur les arbres, on observe des prunes de Java (zambarau), pomme de cythère (sakua) et autres fruits délicieux que l’on retrouve un peu difficilement de nos jours. « J’aime beaucoup faire visiter les lieux et recueillir les avis et propositions de chacun pour améliorer cette expérience », explique Ouledi Ahmed dont l’objectif est de contribuer de façon concrète à la préservation de notre biodiversité.

Et c’est un défi quasi relevé ! Plus haut, on retrouve un coin botanique dédié au piment. « Piments oiseau, d’Espelette, doux, … Il y a plusieurs variétés ». Juste en face, une bananeraie en serre. « Sur la trentaine de variétés de bananes spécifiques aux Comores, j’ai pu réunir les 21. Je continue mes recherches », annonce non sans fierté cet expert en Environnement. « Deux jeunes, Amine et Nadjim, font la multiplication des bananiers et font également la production maraîchère sans utiliser aucun pesticide. Ils organisent des formations sur le marcottage et le greffage. J’ai le projet de mieux équiper cet endroit afin d’en faire en plus d’un espace de découverte, un lieu d’étude », explique Ouledi qui est également enseignant chercheur à l’Université des Comores.

« On avait plusieurs produits agricoles distinctifs de notre pays. On ne les retrouve pas ou plus parce que justement, nous n’avons pas su les préserver ». Et c’est une bouffée d’air pur et d’espoir que l’on prend lorsqu’on finit la visite de cet espace vert qui nous réconcilie avec notre terre. « Je continue de travailler. J’aimerai étiqueter toutes les espèces qu’on a, faciliter l’accès en éclairant le domaine au solaire, mais aussi finaliser la construction de chambres d’hôte à l’étage de la maison et pourquoi pas proposer un salon de thé. La vue sur le domaine est magnifique d’ici ! J’ai également entamé l’aménagement d’un centre documentaire où je compte y exposer mes archives (très riches) qui seront accessibles au public ». Des projets qui nécessitent beaucoup de temps, d’énergie et d’argent. « C’est le travail de toute une vie. J’en suis extrêmement fier ». Je vous le redis, tsi la ulenga oha Ouledi, et c’était juste féérique !

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