Africa-Press – Congo Kinshasa. La feuille de route des confessions religieuses déclinée en quatre étapes pour la tenue d’un dialogue inclusif en RDC est un « piège ». Le pasteur Dodo Kamba a exprimé sa crainte 24 heures après que les chefs religieux, dans toute leur diversité, se sont accordés dans la recherche de solutions face à la persistance des conflits armés, dont la résurgence de l’AFC/M23 soutenue par Kigali dans l’est du pays.
Le responsable de l’Église Sacerdoce royal voit dans le format présenté par ses pairs, un agenda caché que personne ne peut comprendre. « Il y a beaucoup d’éléments qui ne sont pas élucidés, beaucoup de paramètres qui ne sont pas très clairs, le moment viendra où nous allons les détailler. Je ne partage pas tout de suite cet avis », a-t-il prévenu.
Même si l’homme de Dieu reconnaît que chaque confession est libre pour contribuer au bien-être du pays, mais il a laissé entendre qu’il y a des points dans le plan des pères spirituels qui demande à ce qu’il y ait une attention particulière. « Je suis désolé mais s’il faudrait que je mette mon avis là-dessus, le fond fait peur », martèle-t-il.
Pour l’archevêque Dodo Kamba, la recommandation du chef de l’État, donnée aux chefs religieux, de s’unir afin de proposer une initiative inclusive pour la cohésion nationale, n’a pas été prise en compte. Il a déploré le fait que ses propositions pour enrichir le « Pacte social » des catholiques et protestants ne soient pas considérées. « L’inclusivité, ce n’est pas à titre participatif, mais c’est carrément dans le fond, le traitement des avis et la convergence des idées. Et là, je pense que nos idées, là-dessus, ne trouvent pas leur compte », regrette-t-il.
En juillet dernier, il avait rejoint la proposition du duo CENCO-ECC, en y identifiant des faiblesses et incohérences notamment l’absence de reconnaître explicitement le Rwanda en tant que pays agresseur de la RDC par le biais du groupe armé AFC/M23. Pour lui, c’est ce qui pourrait affaiblir la légitimité de l’initiative. Il n’admet pas que le document ne définisse pas clairement qui a l’autorité légale pour convoquer le dialogue, créant ainsi une confusion sur l’ordre institutionnel.
De plus, avait-il noté, le projet place le président de la République comme une simple « partie prenante » au dialogue, sans lui reconnaître son rôle de garant de la souveraineté et de l’intégrité du territoire. Il reprochait également au projet de se concentrer « uniquement sur la paix, tout en ignorant la justice ». Pour lui, une paix durable ne peut être atteinte sans une reconnaissance des victimes et un processus de justice transitionnelle efficace.
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