PPRD Dénonce Montage Dans Affaire Ramazani Shadary

1
PPRD Dénonce Montage Dans Affaire Ramazani Shadary
PPRD Dénonce Montage Dans Affaire Ramazani Shadary

Africa-Press – Congo Kinshasa. Une plainte judiciaire déposée début décembre contre les miliciens Mobondo, pour destruction méchante, vols à main armée, menaces de mort et occupation illégale d’une ferme à Maluku, se retrouve au cœur d’une controverse politique opposant le regime en place au PPRD, alors que son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, est détenu, depuis plus de deux semaines par les services de sécurité.

Dans une correspondance datée du 3 décembre 2025 et adressée au Général chef des Services des Renseignements Spéciaux de la Police nationale congolaise, un cabinet d’avocats de Kinshasa agissant pour le compte de Yvon Ramazani, propriétaire de la ferme « Rafa », située au village Yosso, dans la commune de Maluku, dénonce une série d’exactions attribuées aux miliciens Mobondo, depuis juin 2022.

Selon cette plainte, la ferme Rafa aurait subi des attaques répétées ayant entraîné la destruction des infrastructures agricoles, le pillage des récoltes, des outils et du bétail, ainsi qu’une occupation illégale des lieux. Les assaillants auraient également contraint l’ensemble des travailleurs à fuir, paralysant toute activité économique et privant le propriétaire de ses moyens de subsistance.

Le document évoque en outre une escalade de violence, étayée par un enregistrement audio présenté comme un élément probant. Dans cet audio, le fils d’un chef coutumier de la région décrit l’enlèvement, la torture et les menaces de mort infligés à trois employés d’une ferme voisine par des miliciens Mobondo dirigés par un individu se faisant appeler « Colonel Imortel ». Une rançon de 1 000 dollars américains aurait été exigée pour leur libération.

Sur le plan juridique, les faits dénoncés sont qualifiés d’infractions de destruction méchante, de vol à main armée, de menaces de mort, ainsi que d’occupation illégale, sur la base du Code pénal congolais et de la loi foncière. L’avocat du plaignant sollicite une enquête urgente, l’interpellation des auteurs présumés, la sécurisation de la ferme Rafa et la réinstallation de son client sur sa propriété.

Mais c’est l’exploitation politique présumée de cette correspondance qui alimente aujourd’hui la polémique. Dans une interview accordée à Opinion-Info, le PPRD/Diaspora, dirigé par Nharly Amisi, affirme que la parcelle occupée par un chef de la milice Mobondo au village Yosso n’appartient pas à Emmanuel Ramazani Shadary, comme cela a été insinué dans certains cercles, mais bien à Yvon Ramazani, auteur de la plainte adressée aux services de renseignements.

Le parti de Joseph Kabila dénonce un « montage grossier d’un pouvoir aux abois », accusant les autorités d’instrumentaliser la correspondance d’une victime des violences Mobondo pour justifier, a posteriori, l’arrestation et la détention prolongée d’Emmanuel Ramazani Shadary. Selon le PPRD, cette manœuvre vise à « faire taire la voix d’un opposant politique majeur » ainsi que celle de ses proches.

Arrêté depuis plus de deux semaines, le secrétaire permanent du PPRD n’a toujours pas vu sa situation judiciaire clarifiée publiquement. Une opacité que ses partisans jugent préoccupante dans un contexte de crispation politique et sécuritaire.

Entre plainte pénale légitime d’un agriculteur victime d’exactions armées et soupçons d’instrumentalisation politique d’un dossier judiciaire sensible, l’affaire Ramazani illustre les lignes de fracture persistantes entre justice, sécurité et politique en République démocratique du Congo, sur fond d’insécurité chronique dans certaines zones rurales de la capitale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here