
Africa-Press – Congo Kinshasa. « Le jour où les pays voisins sauront que les forces armées de la RDC peuvent atteindre, dans les 48 heures, leurs capitales, la guerre cessera dans l’Est », déclare, sur TOP CONGO FM, Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu, doctorant de l’université de Kinshasa et chercheur en management des conflits armés dans la région des Grands lacs et décentralisation et développement.
Cependant, « tant qu’on saura que les armées Rwandaise, Ougandaise et Burundaise peuvent entrer sans qu’il n’y ait de réaction, il y aura toujours une situation de non pays dans l’Est de la RDC », tranche, sans détour, celui qui convie instamment « l’État congolais (à) prendre conscience de toutes les erreurs de parcours commises considérées comme des moments de paix gagnés ».
Paix piégée
« Pour moi, l’accord de cessez-le-feu de 1999 à Lusaka, l’accord de Sun city de 2002, le pacte sur la sécurité et la stabilité de 2006, le communiqué de Naïrobi de 2007 et l’accord de 2007 à Ngurdoto, en Tanzanie (furent) des moments de paix éphémères », argue le doctorant de l’université de Kinshasa.
« Tous ces accords avaient pour objectif de distraire, in fine, le gouvernement congolais par une paix qu’il considérait comme gagnée alors qu’il s’agissait d’une paix piégée par le fait qu’on nous a amené dans des brassages et mixages. C’est-à-dire qu’on a pris des troupes Rwandaises (entre guillemets) toutes entières (et déversées au sein) des Forces armées congolaises », explique l’ex Gouverneur du Nord-Kivu.
22 accords presqu’inutiles
Et d’égrener: « on a gagné une paix éphémère en 2006, 2007, 2009, on a signé 22 accords depuis 1999, mais toujours pas de paix. On doit se poser la question: pourquoi il n’y a pas toujours de paix, c’est parce qu’on a raté l’occasion de former une Armée. Le président Félix Tshisekedi l’a compris, c’est pourquoi aujourd’hui, il se dit: je ne fait pas trop de bruit sur la montée en puissance de l’armée. Je m’organise, je l’équipe, la professionnalise ».
Mais alors que faire de ces accords et particulièrement l’accord-cadre d’Addis-Abeba ?
« Pour moi, cela reviendrait à définir les véritables engagements du Rwanda et de l’Ouganda. Il faut qu’il y ait un régime de sanctions », suggère Julien Paluku.
« Notamment, isoler un pays. Le Rwanda, par exemple, c’est 26 000 km2. Si une sanction dit qu’en cas de violation de l’accord, on ferme les frontières, il ne saura pas passer par l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi, ça sera l’enclavement. Dans un mois, le Rwanda sera obligé de négocier. Voilà une disposition qui peut pousser le Rwanda à respecter ses engagements, d’autant qu’il n’est approvisionné que par le port de Dar-es-salam, en Tanzanie, et le port de Mombassa, au Kenya. Il sera contraint de choisir entre survivre et continuer à attaquer la RDC », entrevoit-il.
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