Africa-Press – Congo Kinshasa. Le CTJ -Conseil Territorial de la Jeunesse- du territoire de Rutshuru a lancé, dans un communiqué publié ce dimanche, une alerte grave sur la situation humanitaire et sécuritaire dans le groupement de Binza, chefferie de Bwisha, au Nord-Kivu. Depuis le 11 juillet 2025, les faits rapportés font état de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de violations graves du droit humanitaire, imputés aux éléments du M23-AFC.
Selon le document signé par le président du Conseil, Patient Twizere Sebashitsi, au moins 296 personnes ont été exécutées sommairement dans plusieurs localités du groupement, notamment à Kiseguru, Katwiguru, Kisharo, Buseza, Congo, Kigaligali, Nyabanira, Kasave et Kihito. Parmi les victimes figurent de nombreuses femmes et enfants. Ces tueries ont été justifiées par des accusations non prouvées d’appartenance des victimes aux FDLR.
Le Conseil de la Jeunesse évoque également le recours à des méthodes atroces, avec des corps jetés dans la rivière Rutshuru (Kitshuru), des abris brûlés avec leurs occupants, et des cadavres abandonnés en décomposition dans les champs, proies des animaux appelés localement Bibombobombo.
La situation s’aggrave avec des recrutements forcés de jeunes, estimés à plus de 315 personnes à Kisharo, Katwiguru, Nyabanira et Nyamitaba. Le dernier cas documenté a eu lieu à Ihasha, le 31 juillet, où une cinquantaine de jeunes ont été enlevés.
Par ailleurs, le Conseil territorial note une hausse inquiétante des arrestations arbitraires, avec des hommes et femmes accusés sans preuves de liens avec les FDLR. Les civils seraient également privés de leurs terres, leurs maisons et leur liberté de mouvement.
Cette situation fait écho à des massacres similaires survenus en septembre et octobre 2024, dans la même zone, et restés sans réaction significative de la communauté internationale.
Face à cette tragédie humanitaire, le Conseil Territorial de la Jeunesse dénonce ces crimes de guerre et exige une enquête internationale indépendante sous l’égide des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CIRGL. L’organisation demande également des sanctions ciblées contre les auteurs de ces atrocités et leurs commanditaires. Enfin, il appelle à une protection accrue des populations civiles encore sous occupation.
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