Automobile : les ambitions de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest

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Automobile : les ambitions de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest
Automobile : les ambitions de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest

Africa-Press – Côte d’Ivoire. En lançant une unité de montage de bus à Abidjan, un investissement de près de 70 millions d’euros, le groupe franco-italien Iveco parie sur la production locale à destination du marché ivoirien et, à terme, sous-régional.

Produire des minibus « made in Côte d’Ivoire ». C’est ce que va faire l’unité d’assemblage lancée le 10 janvier par le constructeur automobile franco-italien Iveco Group, via sa filiale bus, avec son partenaire de longue date, la Société des transports abidjanais (Sotra), entreprise créée en 1960, aujourd’hui détenue à 60 % par l’État ivoirien et à 40 % par Iveco Bus.

Implantée sur le site de Sotra Industries, dans le quartier de Koumassi, dans le sud de la capitale économique ivoirienne, la chaîne de montage, qui représente un investissement de 45 milliards de F CFA (69 millions d’euros), a une capacité de production de 1 000 véhicules (de type bus de 18 à 26 places) par an, avec la possibilité de produire différents modèles (autobus, ambulances, véhicules de transport de troupes pour les forces de sécurité, camions de chantier) commercialisés sous la marque Daily Ivoire.

L’exportation régionale, objectif affiché

Patrick Achi, le Premier ministre ivoirien, Amadou Koné, le ministre des Transports et plusieurs autres membres du gouvernement ont assisté au lancement de l’atelier, qui doit permettre à la Côte d’Ivoire de produire pour son marché intérieur – où la demande de véhicules de la part des concessionnaire a crû de 17 % en 2021 par rapport à l’année précédente –, mais aussi, à terme, pour l’exportation en Afrique de l’Ouest.

Nous sommes prêts à poursuivre les investissements avec la création d’une deuxième ligne de montage

L’État ivoirien prévoit de créer une zone industrielle spécialement affectée au secteur automobile, réunissant notamment les fabricants de pièces détachées, à San Pedro, le deuxième port du pays. Mais la nouvelle zone industrielle d’Akoupé-Zeudji, près d’Abidjan, devrait aussi accueillir certains constructeurs.

Pour l’heure, les promoteurs du projet indiquent que le carnet de commandes est rempli jusqu’en 2024, uniquement grâce au marché ivoirien, et que 60 véhicules sont déjà sortis de l’usine. Iveco Bus, qui prospecte dans la sous-région, a déjà des visées d’implantation dans deux pays voisins de la Côte d’Ivoire.

Diversité de la clientèle visée

Même si aucune indication n’a été donnée sur les pays visés, Vincent Dabilgou, le ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière du Burkina Faso et son homologue de Guinée-Bissau, Augusto Gomes, avaient effectué le déplacement à Abidjan pour le lancement. Les clients visés sont les compagnies de transport privé, les établissements scolaires et les entreprises au sein de la Communauté économiques des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

« Nous sommes prêts à poursuivre les investissements avec la création, au plus tard en 2022, d’une deuxième ligne de montage », a assuré à Jeune Afrique Stéphane Espinasse, le président de Iveco Bus, qui a lancé ce projet d’assemblage en 2018 et est au capital de Sotra depuis quarante ans.

Iveco devance ainsi plusieurs autres constructeurs qui avaient annoncé la création de chaînes d’assemblage de véhicules dans le pays. Toyota, maison-mère de CFAO Motors, a signé en 2019 un accord avec le gouvernement ivoirien pour l’ouverture d’une unité de montage de véhicules utilitaires, un projet toujours en négociations avec la Côte d’Ivoire.

En attendant, le groupe japonais a ouvert en août 2021 une unité d’assemblage d’une capacité de 1 330 véhicules (pick-up) au Ghana voisin, un investissement de 7 millions de dollars destiné à alimenter le marché ouest-africain qui ne remet pas en cause le projet ivoirien, assure le constructeur.

En 2015, le groupe indien Ashok Leyland, filiale du conglomérat britannique Hinduja Group, avait signé avec le gouvernement ivoirien un contrat de livraison de plus de 3 000 bus de transport pour un montant de 200 millions de dollars financé par un prêt d’Exim Bank India. À l’époque, Ashok Leyland prévoyait d’implanter une usine d’assemblage à Abidjan, une ambition pas encore concrétisée.

Deux autres constructeurs avaient aussi des projets similaires. Le groupe français Renault, qui vend en moyenne 1 000 voitures par an dans le pays, l’avait évoqué en 2019 quand le groupe indien Tata Motors, qui fournit des autobus à Sotra, a un temps discuté avec le transporteur ivoirien de l’implantation d’une chaîne de montage.

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