Maher Hajbi
Africa-Press – Côte d’Ivoire. En difficulté au Maroc, le poids lourd de l’immobilier multiplie les projets à l’ouest du continent. Déjà présent à Abidjan, Dakar, Conakry et Accra, il vient de s’engager à construire 1 000 logements collectifs à Lomé.
Dans le cadre du « Projet de renouvellement de l’habitat à Lomé », Addoha a signé un protocole d’accord pour la construction de 1000 logements collectifs dans la capitale togolaise. « Cet accord vise à réduire l’écart entre l’offre et la demande d’habitat décent », précise une communication du ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Koffi Tsolenyanu, datée du 30 juin.
Ce nouveau partenariat public-privé permet à Addoha de formaliser des discussions jusque-là en suspens, et de continuer sa projection en Afrique subsaharienne, où le groupe reste sur une dynamique commerciale positive. Entre 2021 et 2022, la contribution aux préventes des filiales africaines du géant marocain est passée de 2 851 à 3 555 unités, soit une croissance de 20 %.
Projets en série
Alors que le chiffre d’affaires du groupe dirigé par Anas Sefrioui s’est élevé à près de 1,4 milliard de dirhams (environ 130 millions d’euros) en 2022, la contribution des projets panafricains à ces résultats a atteint 30 %, contre 12 % en 2019. Outre le nouveau projet signé avec le gouvernement togolais, le promoteur marocain est développe trois nouveaux programmes à Abidjan, Accra et Dakar.
En Côte d’Ivoire, Addoha – présent dans l’immobilier haut de gamme, le segment du moyen standing et le logement social – est en négociation pour acquérir plusieurs terrains au cœur de la capitale économique ivoirienne avant d’entamer son extension vers de nouvelles zones. Au Ghana, le groupe réalise son premier projet de haut standing, contrairement au Sénégal, où une nouvelle convention a été signée avec le gouvernement pour réaliser 10 000 logements.
Reconfiguration en cours
Si Anas Sefrioui compte beaucoup sur les activités subsahariennes pour redynamiser le groupe, c’est notamment à cause des difficultés qu’il rencontre dans le royaume. Après une augmentation de capital au succès mitigé en 2021, le groupe fait face à un contexte marqué par le prix élevé des matières premières et à un secteur de l’immobilier qui tourne désormais au ralenti.
Par ailleurs, ce début d’année a vu l’action du groupe se négocier à seulement 5,75 dirhams, soit près de la moitié de sa valeur nominale (10 dirhams). Dans la foulée, Anas Sefrioui a annoncé une reconfiguration des réserves foncières d’Addoha, dévolues au logement social au Maroc. Le groupe, qui a retrouvé sa capacité bénéficiaire en 2022, espère réduire son endettement, qui s’est légèrement creusé, passant de 4,4 milliards de dirhams en 2021 à 4,6 milliards de dirhams en 2022.
La Source: JeuneAfrique.com
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