Prêts Chinois À L’Afrique En Baisse De 46 % En 2024

1
Prêts Chinois À L'Afrique En Baisse De 46 % En 2024
Prêts Chinois À L'Afrique En Baisse De 46 % En 2024

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le rapport souligne que le financement des projets dont le coût dépasse 1 milliard USD est passé des prêts aux investissements directs étrangers et au financement du commerce, y compris les exportations d’équipements et de technologies.

La valeur totale des prêts accordés par la Chine aux pays africains en 2024 a enregistré une baisse de 46 % par rapport à 2023 pour s’établir à 2,1 milliards USD, selon un rapport publié le jeudi 22 janvier 2026 par le Global Development Policy Center, un think tank rattaché à l’Université de Boston (États-Unis).

Intitulé « Selective Engagement and Strategic Retooling: Chinese Loans to Africa Database, 2000–2024 », ce rapport constitue une mise à jour de la base de données relative aux prêts chinois à l’Afrique (China Loans to Africa, CLA). Il s’agit d’un projet interactif géré par le Global Development Policy Center, qui suit depuis l’an 2000 les engagements de prêts des banques publiques et commerciales, ainsi que des entités publiques chinoises en direction des gouvernements africains, des entreprises publiques et des institutions financières régionales.

Le montant total des prêts accordés par Pékin aux pays d’Afrique en 2024 représente moins de 10 % du pic de 28,8 milliards USD atteint en 2016, reflétant une mutation de l’engagement chinois sur le continent. Durant la période 2012 – 2018, les prêts chinois ont régulièrement dépassé les 10 milliards USD par an. Leur passage sous cette barre depuis 2019 reflète une disposition du géant asiatique à amorcer une nouvelle ère d’engagement plus « sélective », en s’éloignant des grands projets d’infrastructure tels que les chemins de fer et les routes, pour se tourner vers des projets plus modestes et commercialement viables.

Le financement de projets à grande échelle dépassant 1 milliard USD, en particulier dans les secteurs de l’énergie et des technologies de l’information et de la communication (TIC), est passé des prêts aux investissements directs étrangers (IDE) et au commerce, y compris les exportations d’équipements et de technologies. Ce d’autant plus que l’empire du Milieu a essuyé ces dernières années des pertes sur certains prêts, après que les difficultés économiques liées à la pandémie ont poussé la Zambie, le Ghana et l’Éthiopie à faire défaut sur le paiement de leurs dettes.

1319 prêts d’une valeur cumulée de 180,87 milliards USD en 25 ans

La nouvelle perspective de la Chine transparaît également dans la concentration des prêts accordés en 2024, sur un petit groupe d’emprunteurs présentant de faibles niveaux de risque, ainsi que sur des secteurs résilients tels que les transports, l’eau et l’assainissement, la transmission d’électricité et les services financiers.

Cinq pays africains seulement ont bénéficié de prêts chinois pour financer six projets. L’Angola a reçu la plus grande part, avec 1,45 milliard USD pour des projets de transmission d’électricité et d’infrastructures routières. Des prêts plus modestes ont été accordés au Kenya (277,8 millions USD pour des infrastructures routières), à la République démocratique du Congo (240 millions USD pour des infrastructures routières), au Sénégal (85 millions USD pour un projet de forage de puits en milieu rural) et à l’Égypte (76,5 millions USD pour une ligne de crédits destinée aux PME).

La ventilation sectorielle montre que ces prêts sont restés concentrés dans quatre secteurs: les transports, l’énergie, l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets, ainsi que les services financiers. Ces secteurs ont historiquement reçu la plus grande part des prêts chinois depuis l’an 2000.

Le rapport indique par ailleurs que les bailleurs de fonds chinois ont accordé entre 2000 et 2024, 1319 prêts d’une valeur globale de 180,87 milliards USD à 49 gouvernements africains et 7 institutions financières régionales. Les cinq premiers pays africains bénéficiaires de prêts chinois sur la période sont l’Angola (27,2%), l’Éthiopie (7,7%), le Kenya (5,5%), la Zambie (5,3%) et le Nigeria (4,9%).

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Côte d’Ivoire, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here