Gestion de la réserve naturelle de Dahliafleur : Jean-Luc Assi rassure les parlementaires

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Gestion de la réserve naturelle de Dahliafleur : Jean-Luc Assi rassure les parlementaires
Gestion de la réserve naturelle de Dahliafleur : Jean-Luc Assi rassure les parlementaires

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Jean-Luc Assi a rassuré des émissaires de l’Assemblée nationale, notamment la Commission Recherche, Science, Technologie et Environnement (CRSTE), sur la gestion de la réserve naturelle de « Dahliafleur » qui a défrayé la chronique.

M. Assi a accordé jeudi 23 juin 2022, à son cabinet à Abidjan, une audience à ces élus de la nation venus s’enquérir amplement sur le statut et les dispositions règlementaires qui encadrent la gestion de cette réserve en particulier, et au-delà, de tout le réseau des parcs et réserves de la Côte d’Ivoire.

Il a rappelé qu’au regard de l’article 2 de la Loi 2002-102 du 11 février 2002, la sauvegarde du patrimoine naturel est d’intérêt général et constitue l’un des objectifs prioritaires de la Nation. Selon cette loi, les aires protégées, tels que Dahliafleur, sont gérées dans le but de la conservation in situ des écosystèmes naturels d’espèces, des peuplements ou biotopes spécifiques, a-t-il indiqué, ajoutant que ce sont des espaces de récréation et d’éducation du public où l’abattage et la chasse sont interdits.

« Dahliafleur » a été mise sous statut de protection par le décret n°2013-127 du 20 février 2013. La réserve dispose ainsi d’un plan d’aménagement arrimé à des objectifs de préservation, de sorte que les activités qui y sont menées obéissent à ce cadre et vise la protection de la diversité biologique in-situ, relève-t-on.

« Au regard du statut actuel de la réserve naturelle de Dahliafleur, elle ne peut faire l’objet d’aucune forme de cession ou de valorisation contraire à son objectif de préservation défini dans le plan d’aménagement et de gestion de cette aire protégée », a assuré Jean-Luc Assi.

Face à ses hôtes, le ministre de l’Environnement et du Développement durable a affirmé que « la Réserve naturelle de Dahliafleur ne peut et ne sera pas détruite pour faire place à la construction du projet d’établissement hôtelier ».

La Côte d’Ivoire a ratifié la Convention sur la Diversité Biologique, le 14 Novembre 1994. Dans le cadre des objectifs d’Aichi sur la sauvegarde de la biodiversité, tous les pays, y compris la Côte d’Ivoire, se sont engagés à dédier 17% pour de leur territoire à la conservation des aires protégées. Tous ces engagements internationaux et nationaux visent un modèle économique axée sur la durabilité du principal moteur de développement du pays, notamment l’agriculture.

C’est à juste titre que l’engagement du pays à reconstituer 20% de son couvert forestier d’ici 2030 a marqué les esprits lors de la COP26 de Glasgow. Les enjeux économiques, sociaux et culturelles liés à la qualité de l’environnement sont immenses et bien documentés.

Le ministre a salué la démarche entreprise par la délégation des parlementaires. Il s’est félicité de la conscience environnementale qui s’implante dans le quotidien des populations et a souhaité que les réactions suscitées ne se limitent pas seulement à la sauvegarde du patrimoine forestier, mais que celles-ci prennent en compte tous les aspects de l’environnement et du développement durable.

Le directeur général de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), le Général Adama Tondossama, a l’issue d’une présentation sur le statut, les enjeux et les perspectives liés au cadre de gestion de la réserve, a fait remarquer que, tout projet à l’intérieur ou à l’extérieur de la réserve est soumis à une étude d’impact environnementale et social.

« Je peux dire que nous partons rassurés puisque, textes législatifs et règlementaires à l’appui, le ministre de l’Environnement et son équipe nous ont expliqué que la réserve de Dahliafleur est protégée par la loi et qu’elle a un statut tel que l’Etat lui-même ne peut pas la céder. Cela nous suffit comme informations. Nous sommes maintenant outillés pour prendre notre place de défenseur de notre patrimoine naturel et répondre aux préoccupations de toutes les organisations de la société civile qui nous saisissent », a déclaré le chef de la délégation, l’honorable Tchéidé Jean Gervais.

Un projet d’aménagement du site de la réserve naturelle Dahlia Fleur, sise à Bingerville, a suscité en mai 2022, de vives réactions. Le ministère du Tourisme y a même apporté des éléments de réponse, rappelle-t-on.

Tout serait parti d’un article publié par un média ivoirien en ligne. Selon le confrère, le site de 148 hectares entre les communes de Cocody et Bingerville devrait accueiller un complexe hôtelier de 1000 chambres du groupe Accor. « Le groupe Accor porte en effet le projet d’un hôtel estampillé de son enseigne de luxe Fairmont Hôtel qui sera implanté à Bingerville, à l’ouest d’Abidjan », a écrit le confrère.

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