Anarchie Routière Et Recul De L’Autorité De L’État

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Anarchie Routière Et Recul De L'Autorité De L'État
Anarchie Routière Et Recul De L'Autorité De L'État

Africa-Press – Côte d’Ivoire. En Côte d’Ivoire, la route n’est plus seulement un espace de circulation. Elle est devenue, jour après jour, le théâtre d’un drame national silencieux. Accidents mortels, blessés graves, embouteillages interminables: la crise de la sécurité routière s’aggrave sous le regard passif de l’État, révélant une perte inquiétante d’autorité sur les axes routiers du pays.

Une anarchie routière devenue ordinaire

Sur les grandes artères comme dans les quartiers urbains, les infractions se multiplient à un rythme alarmant. Excès de vitesse, dépassements dangereux, arrêts anarchiques en pleine chaussée, surcharge de passagers: les règles élémentaires du Code de la route sont quotidiennement bafouées, en particulier par certains chauffeurs de transports en commun.

Ce qui choque davantage, c’est que ces comportements se déroulent souvent en présence des forces de l’ordre. Des agents censés réguler la circulation et garantir la sécurité publique observent, impuissants ou indifférents, des scènes qui mettent en danger des centaines de vies.

Inaction policière et sentiment d’impunité

Cette passivité, perçue par de nombreux citoyens comme une forme de complaisance, nourrit un climat d’impunité généralisée. Lorsque la loi n’est plus appliquée avec rigueur, elle devient négociable. Et lorsque l’autorité hésite, le désordre s’installe.

Les conséquences sont lourdes, des morts évitables, des familles brisées, une économie paralysée par des embouteillages monstres, et une population qui perd peu à peu confiance dans les institutions chargées de la protéger.

Un silence institutionnel inquiétant

Face à cette dérive, le silence des autorités est assourdissant. Les campagnes de sensibilisation se succèdent, mais sur le terrain, la réalité reste inchangée. À force de tolérer l’intolérable, l’État donne l’impression d’abandonner les citoyens à leur propre sort.

Cette situation fragilise le pacte républicain. Car un État qui ne protège pas sur les routes lieux de vie, de travail et de mobilité remet en cause l’un de ses rôles fondamentaux: garantir la sécurité de tous.

Reprendre le contrôle, sans complaisance

Il est urgent que l’autorité publique reprenne pleinement le contrôle des routes ivoiriennes. Cela exige une application stricte et équitable de la loi, sans calcul politique, sans arrangements tacites et sans protection déguisée.

La sécurité routière ne peut se limiter à un slogan de campagne ou à une statistique dans un rapport administratif. Elle doit redevenir une priorité nationale, traduite par des actes concrets, visibles et durables. Car lorsque la police détourne le regard et que l’État abdique, la route cesse d’être un simple lieu de passage. Elle devient un tribunal sans juge… et un cimetière sans responsable.

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