Polémique à la DGI, le bras de fer se durcit entre administration et syndicat

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Polémique à la DGI, le bras de fer se durcit entre administration et syndicat
Polémique à la DGI, le bras de fer se durcit entre administration et syndicat

Responsables syndicaux

La controverse née des récentes prises de parole de Michaël Dougrou, secrétaire général de l’Alliance nouvelle des agents de la Direction générale des Impôts (ANADGI), continue d’alimenter le débat au sein de l’administration fiscale ivoirienne. Entre dénonciations syndicales et réponses institutionnelles, la question de la gouvernance interne de la DGI s’impose désormais sur la place publique.

À travers des interventions télévisées et des publications sur les réseaux sociaux, le responsable syndical a pointé du doigt ce qu’il considère comme des dysfonctionnements persistants : insuffisance de dialogue interne, postes de responsabilité non pourvus, gestion approximative des départs à la retraite et reconnaissance jugée insuffisante de certains agents. Des accusations qui ont suscité une réaction de l’administration, laquelle met en avant le cadre légal en vigueur et les performances réalisées ces dernières années, notamment en matière de mobilisation des recettes fiscales et de modernisation des outils de gestion.

Toutefois, du côté syndical, ces arguments sont perçus comme une tentative de détourner l’attention des préoccupations de fond. Selon des proches de l’ANADGI, la question n’est pas tant celle des textes ou des chiffres globaux, mais celle de l’anticipation et de l’efficacité managériale. Ils estiment que les départs à la retraite ne devraient pas créer de vides prolongés dans l’organigramme, d’autant plus que l’administration connaît à l’avance les échéances. L’existence de dizaines de postes vacants, reconnue par la DGI elle-même, est présentée comme un frein à la performance collective et comme une source de frustration pour de nombreux agents.

Les syndicats reconnaissent les progrès accomplis en matière de digitalisation et l’augmentation notable des recettes fiscales au fil des années. Mais ils soutiennent que ces résultats pourraient être largement améliorés avec une organisation plus agile, une gestion prévisionnelle des ressources humaines et une politique de promotion plus dynamique. À leurs yeux, les succès financiers ne sauraient occulter certaines failles structurelles qui affectent le quotidien des agents et l’efficacité globale de l’institution.

Le débat s’est également cristallisé autour du cas de Yao Boni, ancien cadre de la DGI, dont les soutiens estiment que les distinctions passées ne sauraient remplacer une reconnaissance continue des performances récentes. Pour eux, la valorisation du mérite doit s’inscrire dans le présent et non se limiter à des hommages anciens.

Au-delà des positions parfois tranchées, cette confrontation met en lumière une attente forte : celle d’une gouvernance plus proactive, fondée sur la transparence, la planification et l’écoute. Si la DGI affiche des résultats encourageants, les syndicats, eux, appellent à aller plus loin afin de concilier performance institutionnelle et bien-être professionnel. Une équation délicate, mais devenue incontournable pour l’avenir de l’administration fiscale.

Jean Chresus, Abidjan

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