Africa-Press – Côte d’Ivoire. Alors que le Gouvernement via le Conseil Café-Cacao a lancé officiellement l’opération d’achat des stocks de cacao de la campagne de commercialisation 2025-2026 pour soulager les producteurs, le Parti des ̈Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), fait une analyse de la situation.
Le parti de Laurent Gbagbo identifie plusieurs causes qui relèveraient toutes de la mauvaise gouvernance de la filière cacaoyère par le régime RHDP.
« Une fixation du prix bord champ à des fins de propagande électoraliste Le prix du cacao, fixé à 2 800 FCFA/kg au début de la campagne, est intervenu dans un contexte où les cours internationaux du cacao étaient déjà orientés vers la baisse. Cette décision, loin de s’appuyer sur une analyse économique durable, semble avoir eu pour principal objectif de séduire les producteurs dans un contexte pré-électoral, en vue de l’échéance présidentielle de 2025.La preuve de la fragilité est apparue rapidement: un mois seulement après son annonce, les cargaisons de cacao ont commencé à être refoulées dans les ports ivoiriens, révélant l’absence de mécanisme d’accompagnement capable de soutenir ce prix sur la durée. Le refus des exportateurs d’acheter au prix fixé. Les exportateurs, confrontés à la baisse du prix sur le marché international (passé d’environ 5 000 FCFA/kg à près de 3 800 FCFA/kg), jugent le prix bord champ de 2 800 FCFA/kg économiquement non tenable », relève le PPA-CI dans une déclaration.
Pour le parti d’opposition de la gauche, dans une situation normale, le fonds de garantie, constitué par le prélèvement d’environ 40 % des excédents générés lors des campagnes précédentes, aurait dû être mobilisé pour compenser la perte des revenus des paysans consécutive à une baisse des cours mondiaux.
Il serait constant que les deux précédentes campagnes 2023/2024 et 2024/2025 ont enregistré une embellie des cours mondiaux sans commune mesure avec les prix d’achat bord champ appliqués aux planteurs.
« Il en a résulté mécaniquement de grosses plus-values enregistrées par l’Etat. Au lieu d’actionner le mécanisme de la garantie, tout laisse croire plutôt que les autorités en charge de la filière et certains exportateurs temporiseraient jusqu’au mois de mars, période de la petite traite qui verra forcément le prix d’achat bord champ diminué du fait de la forte tendance baissière des cours sur le marché international. Dans une telle perspective, les exportateurs pourraient être tentés de suspendre leurs achats, laissant les producteurs et acheteurs locaux dans une impasse totale. Il ne s’agit ni plus ni moins de manœuvres spéculatives au détriment des planteurs. – Le blocage de la délivrance des connaissements », poursuit le PPA-CI, dénonçant les limites de la solution d’achat proposée par le gouvernement à hauteur de 280 milliards de FCFA.
« Une annonce sensationnelle mais insuffisante. La somme de 280 milliards FCFA annoncée par le gouvernement pour l’enlèvement de 123 000 tonnes de cacao, chiffre avancé par l’ex-Ministre d’État, ministre de l’Agriculture, lors de la conférence de presse qu’il a animée le 20 janvier 26 à son cabinet, apparaît largement insuffisante. Si l’État devait acheter le cacao au prix bord champ de 2 800 FCFA/kg, les 123 000 tonnes cela représenteraient un coût de 2 800 000 FCFA par tonne, soit 344,4 milliards FCFA pour 123 000 tonnes. Or, l’État n’achète pas directement au bord champ, mais auprès des coopératives et acheteurs qui facturent un différentiel de 100 FCFA/kg. Par conséquent, le prix réel d’achat devient donc 2 900 FCFA/kg, soit 356,7 milliards FCFA pour ensemble des volumes concernés. »
Le PPA-CI dénonce avec vigueur, la gouvernance du RHDP de la filière café cacao qui aurait abouti à cette crise pourtant évitable ; appelle le gouvernement à trouver une solution structurelle et pérenne de sorte à assurer un revenu vital aux planteurs et propose.
« la fixation du prix ne pouvant pas assurer ce revenu vital du fait de la défaillance du mécanisme de stabilisation, il convient de revenir à la libéralisation du prix et au transfert de la commercialisation aux producteurs eux-mêmes (…).
Le PPA-CI dit qu’il reste saisi de cette situation de crise et suit son évolution avec intérêt.
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