Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le rapport d’évaluation sur les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT) révèle un risque élevé de financement et de menace quant à la survenance en Côte d’Ivoire de ces fléaux, notamment dans les régions Nord, et Nord-Est.
L’information a été donnée lundi 16 octobre 2023 par le directeur général de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et correspondant national du Groupe intergouvernementale d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), Colonel Idrissa Touré, à l’ouverture d’un séminaire national de deux jours à l’intention de leaders religieux chrétiens et musulmans des districts d’Abidjan et Yamoussoukro sur la LBC/FT, initié par le GIABA.
Selon lui, les constatations de ce rapport d’évaluation sont confortées par le dernier rapport de l’Institut d’études de sécurité (ISS) qui indique qu’entre 2019 et 2021, des troupes extrémistes violents ont mené des incursions sur le territoire ivoirien ainsi qu’une série d’attaques sur les forces de défense et de sécurité, et opéré des actes d’intimidation à l’encontre des populations.
Ces groupes ont également déployé des efforts pour générer et mobiliser des ressources financières et humaines et se procurer des moyens de subsistance à travers l’orpaillage illégal et l’économie du bétail. « Ainsi, au cours de cette période, le Nord-Est de la Côte d’Ivoire a servi de théâtre d’opération et de zone d’implantation, de financement, de recrutement et d’approvisionnement de ces troupes », a relevé colonel Idrissa Touré.
Face à cette situation, le gouvernement ivoirien a adopté plusieurs mesures de lutte. Ainsi en 2017, les gouvernements de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana, du Burkina Faso et du Togo ont mis sur pied l’Initiative d’Accra, un accord de coopération militaire et de partage de renseignements. Elle a pour but de sécuriser les frontières des Etats membres et de limiter les crimes transfrontaliers.
La Côte d’Ivoire s’est également armée de l’outil dénommé « Malette pédagogique », qui consiste à collaborer avec les chefs religieux locaux afin de surveiller les cas de radicalisation au sein de la population, et mener des campagnes de promotion sur la religion et le pacifisme.
En outre, la Côte d’Ivoire s’est engagée pour la mise en place de politique efficace en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
De plus, un comité de pilotage dirigé par le Premier ministre et comprenant les ministères techniques a été mis en place. Il a la charge, la coordination et la supervision de la mise en œuvre des recommandations issues du rapport d’évaluation et qui seront exécutés par un secrétariat technique
En juin 2020, une vague d’attentats organisés par des groupes djihadistes ont eu lieu dans la région du Bounkani (Nord-Est ivoirien), à la frontière avec le Burkina Faso. Des membres des forces de défense ivoiriennes ont perdu la vie dans des attentats, notamment à Kafolo le 11 juin 2020 et le 29 mars 2021, à Kolobougou le 29 mars 2021 et à Tougbo le 7 juin 2021.
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