Ces IA Se Prennent Pour Des Chercheurs

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Ces IA Se Prennent Pour Des Chercheurs
Ces IA Se Prennent Pour Des Chercheurs

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Pour certains, les intelligences artificielles sont appelées à dépasser le simple rôle d’outils pour devenir les égaux des chercheurs. C’est la prédiction de James Zou, professeur de science des données biomédicales à l’université Stanford (États-Unis). En juillet 2025, il publiait dans Nature une étude imaginée et réalisée presque exclusivement par des agents IA. Et pour enfoncer le clou, il a créé un congrès scientifique très particulier: pour seul prérequis, les travaux présentés devaient être réalisés en partie par des agents IA, pour ensuite être évalués par d’autres agents IA. « Les revues n’acceptent toujours pas d’inclure une IA en tant qu’auteur d’une étude scientifique, nous voulons que cela change « , justifie le chercheur.

Le congrès Agents4Science a eu lieu en ligne le 22 octobre. Les 315 études soumises ont été d’abord évaluées par des modèles de langage (Gemini 2.5 Pro, GPT-5, et Claude Sonnet 4), qui en ont validé 80. Après une deuxième validation, menée par des chercheurs en chair et en os, 48 ont été acceptées, en informatique, médecine… « Nous voulons utiliser ce congrès expérimental pour apprendre des choses sur les qualités et les défauts des agents IA en tant que chercheurs et évaluateurs « , explique James Zou.

Beaucoup d’hallucinations et des références inventées

L’événement a, certes, mis en lumière les compétences des IA, mais aussi leurs limites: beaucoup d’hallucinations, des références inventées, et une difficulté évidente à générer de nouvelles idées scientifiques et expérimentales. « Je ne suis pas du tout convaincue que les agents IA actuels aient la capacité de concevoir des questions scientifiques robustes qui fassent vraiment avancer le domaine « , estime Risa Wechsler, professeure d’astrophysique à l’université Stanford, qui a participé aux évaluations.

Chacune des études mentionne à quel point l’IA a contribué à chaque étape (conception des hypothèses et du protocole expérimental, analyse des données, écriture). Sans surprise, la technologie a pris une part très importante dans l’écriture de tous les articles, moins dans les premières étapes de réflexion. Toutefois, quelques travaux ont un réel intérêt scientifique.

L’un des meilleurs étudie à quel point l’implication des IA dans la recherche peut aider… à tricher ! Cette étude montre ainsi que les agents IA peuvent intégrer des consignes cachées amenant des évaluateurs IA à ne faire que des commentaires positifs. Elle souligne aussi des problèmes de fabrication de données vraisemblables (mais fausses) et l’incapacité des évaluateurs IA à les détecter. Ou le biais flagorneur qui pousse les IA à valider des études dont elles ont pourtant pointé les failles.

Utiliser l’outil en toute transparence

« Nous ne pouvons toujours pas dire qu’un agent IA puisse être l’auteur d’un article scientifique, martèle Barbara Cheifet, rédactrice en chef de Nature Biotechnology, lors d’une table ronde en clôture du congrès. Cependant, plus les chercheurs seront transparents sur leur utilisation de l’IA, plus cela aidera à construire un climat de confiance autour de ces outils.  »

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