L’Afrique face au Covid-19 : le continent s’inquiète d’une troisième vague

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L’Afrique face au Covid-19 : le continent s’inquiète d’une troisième vague
L’Afrique face au Covid-19 : le continent s’inquiète d’une troisième vague

Africa-PressCôte d’Ivoire. Les signes d’une troisième vague se multiplient Tandis que le nombre de nouvelles infections continue de chuter dans le monde, seule l’Afrique reste sujette à une augmentation du nombre de cas de Covid-19 semaine après semaine, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour la deuxième semaine consécutive, la barre des 20 % de nouveaux cas a été franchie sur le continent. On compte désormais un cumul de près de 5 millions de cas sur l’ensemble du territoire depuis le début de la pandémie. La flambée ne concerne cependant que quelques pays : l’Egypte, l’Afrique du Sud, l’Ouganda, la Zambie et la Tunisie, qui représentent 72 % des nouvelles contaminations enregistrées, avec une progression importante des variants, notamment le « delta » détecté en Inde.

Cette situation s’explique en partie par le difficile déploiement de la vaccination sur le continent. L’OMS encourage les Etats à étendre leur stratégie de vaccination aux zones rurales et plus reculées en donnant la priorité aux vaccins sur le point d’expirer. En Afrique, 20 pays ont utilisé moins de la moitié des doses reçues.

C’est le nombre de doses de Pfizer-BioNTech que les Etats-Unis s’apprêtent à donner à près de 100 pays pauvres au travers du dispositif Covax. Le président américain, Joe Biden, l’a annoncé jeudi 10 juin à la veille du sommet du G7. Quelque 200 millions de doses seront envoyées cette année, le reste en 2022. « Ce sera un très grand soutien. Nous sommes en guerre et c’est une nouvelle très positive que nous devons reconnaître et célébrer », a salué le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (Africa CDC), John Nkengasong, même si le nombre exact de doses à destination du continent n’a pas encore été précisé. Réouverture progressive des frontières aériennes au Maroc Le Maroc a dévoilé dimanche sa stratégie de réouverture des frontières aériennes. Le ministère des affaires étrangères a détaillé dans un communiqué les mesures « progressives » qui rentreront en vigueur à compter du 15 juin et concerneront une cinquantaine de pays. Pour limiter la propagation du virus sur le territoire, Rabat a choisi de mettre en place un système de classification des pays, établi selon des indices épidémiologiques. Deux listes ont ainsi été créées. Les voyageurs en provenance des pays de la liste A, à savoir ceux ayant des « indicateurs positifs » (dont ceux de l’Union européenne), pourront entrer sur le territoire marocain sur présentation d’un test PCR négatif de moins de 48 heures ou d’un certificat de vaccination. La liste B concerne quant à elle 74 pays sujets à « une propagation des variants ou à l’absence de statistiques précises sur la situation épidémiologique », dont l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Algérie. Les voyageurs venant de ces pays devront avoir une autorisation exceptionnelle, présenter un test PCR négatif de moins de 48 heures et se soumettre à une période d’isolement de dix jours à leur arrivée. Selon les chiffres officiels, le royaume a enregistré depuis le début de la pandémie 522 765 contaminations et 9 192 décès. Côté vaccination, plus de 9 millions de Marocains ont été vaccinés, dont 5,8 millions avec deux injections. L’Egypte va produire le vaccin chinois Sinovac Alors que la situation sanitaire s’améliore timidement en Egypte, la ministre de la santé, Hala Zayed, a annoncé lundi que le pays allait produire sur son sol le vaccin chinois Sinovac. Après avoir reçu les matières premières nécessaires fin mai, le gouvernement entend donner le coup d’envoi de la production le 15 juin, sous la supervision d’experts chinois. Six semaines de contrôles et d’examen seront nécessaires avant de pouvoir acheminer les doses vers les centres de vaccination. Le pays devrait ainsi pouvoir produire 4,2 millions de vaccins en juin et vise les 40 millions d’ici à la fin de l’année, pour une distribution sur l’ensemble du territoire mais aussi dans d’autres pays africains. Une « étape historique pour le pays », selon Hala Zayed. Désormais très actif sur le terrain de la vaccination, Le Caire mise sur l’accélération de la campagne et espère même pouvoir à terme produire le vaccin AstraZeneca, pour parvenir à vacciner 40 % de ses 100 millions d’habitants d’ici à la fin 2021. Selon les autorités, près d’un million de doses ont été administrées à ce jour. Des prévisions de croissance plus sombres Le dernier rapport de la Banque mondiale, publié mardi, dresse un constat en demi-teinte concernant la reprise économique au regard de la pandémie. « Les économies avancées vivent leurs meilleurs jours, les pays à faible revenu les pires », résume le numéro deux de l’institution, Ayhan Kose. La banque prévoit une croissance de l’économie mondiale de 5,6 % en 2021 : « un rebond post-récession d’une ampleur sans précédent en quatre-vingts ans », selon le rapport. Ce chiffre est en partie porté par le redressement spectaculaire de quelques grandes économies, comme la Chine ou les Etats-Unis. De l’autre côté, malgré les signaux de reprise, les pays africains restent soumis à de fortes incertitudes. En Centrafrique, en Guinée équatoriale, au Niger et au Kenya, les « incertitudes politiques et les effets persistants de la pandémie » vont retarder les investissements et freiner la reprise. Les revenus par habitant devraient être inférieurs de 4 % en moyenne à ceux de 2019. Pour les pays « fragiles ou touchés par un conflit », la Banque mondiale prévoit un net recul de la production en 2022, à hauteur de 5,3 % par rapport à 2019. Les grandes économies comme l’Angola, le Nigeria ou l’Afrique du Sud connaissent quant à elles un début de regain d’activité. L’Afrique subsaharienne devrait retrouver une croissance de 2,8 % pour cette année, puis de 3,3 % en 2022. Des perspectives revues à la baisse par rapport aux projections de début de l’année. Les agents de santé en grève à Abidjan Près d’un millier d’agents de santé en blouse blanche se sont mobilisés mardi à Abidjan dans le cadre d’un mouvement de grève. Médecins, infirmières, sages-femmes et techniciens de santé ont envahi la cité administrative, où se trouve le ministère ivoirien de la santé, dans le quartier du Plateau. But de l’opération : exprimer leur « ras-le-bol » après le non-paiement de primes liées à l’épidémie. Les salariés sont venus réclamer près de treize mois d’impayés : des primes mensuelles comprises entre 90 000 et 235 000 francs CFA (entre 137 et 358 euros) qui n’ont pas été versées. Au total, 4 166 fonctionnaires de santé sont concernés. Après un an de négociations avec les autorités, les manifestants dénoncent de « grosses promesses sans résultats » et soulignent « l’urgence » du versement des primes. A l’automne, deux semaines de grève du personnel de santé avaient eu lieu pour les mêmes motifs, une mobilisation qui avait alors ébranlé l’activité des hôpitaux dans le pays. La Côte d’Ivoire et ses 25 millions d’habitants restent peu affectés par l’épidémie, avec 47 605 cas et 306 décès, selon les chiffres officiels.

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