Le pétrole vient-il des dinosaures ?

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Le pétrole vient-il des dinosaures ?
Le pétrole vient-il des dinosaures ?

Africa-Press – Côte d’Ivoire. Le pétrole aurait-il existé sans l’extinction massive des dinosaures ?”, nous demande David Campoy sur notre page Facebook. C’est notre question de lecteur de la semaine. Pour y répondre, nous vous proposons de (re)découvrir ci-dessous notre article et notre vidéo sur la formation du pétrole, publiée initialement en 2019.

“La proportion de dinosaures dans le volume total de matière organique est infime”

Le pétrole serait-il un antique smoothie de dinosaures, comme le prétend une croyance populaire ? Que nenni, répondait en 2019 Oksana Melnikova, géologue chez Gazprom Neft à Saint-Pétersbourg : “La proportion de dinosaures dans le volume total de matière organique est infime, c’est loin d’être suffisant pour créer du pétrole !”

Mais alors, d’où vient ce précieux élixir ? “Il y a plusieurs théories, poursuivait la chercheuse. La plus communément admise est celle de l’origine organique.” Selon cette hypothèse, le pétrole serait le fruit de la décomposition de quantités colossales de matière organique. Et cette ressource se trouve majoritairement… dans nos océans. “Imaginez une soupe très riche en matière organique”, expliquait Olsana Melnikova. Les grumeaux seraient le plancton. A leur mort, les organismes planctoniques précipiteraient en pluie au fond des océans et seraient ensuite enfouis sous une couche imperméable de schiste argileux, connu sous le nom de “shale”. “Le plancton donne du pétrole alors que les plantes donnent du gaz naturel, c’est une histoire de chimie”, précisait la géologue.

Contrairement à une idée reçue, ce pétrole ne résiderait pas sous forme de lacs souterrains. Il circulerait dans les pores de la roche comme de l’eau dans une éponge, à une profondeur très spécifique : “entre 2 et 5 km de profondeur ; au-delà, il brûle”, indiquait la chercheuse. L’or noir ne se trouve pas non plus dans n’importe quelle roche, mais dans du calcaire ou du grès, qui n’est autre que du sable fossilisé. “Et où trouve-t-on le plus de sable dans le monde ? Dans le désert évidemment !, continuait la géologue. On trouve des déserts fossiles sous l’actuelle mer du Nord, qui sont de très beaux réservoirs de pétrole. Il y a aussi un gisement géant au Moyen-Orient, en Irak, en Iran, car il y régnait des conditions adéquates à la formation de réservoirs.”

Comment les géologues trouvent de nouveaux réservoirs de pétrole

Pour flairer la piste de l’or noir, les géologues disposent d’une panoplie d’indices prélevés sur le terrain : des carottages, des logs (des courbes de mesure de paramètres physiques de la roche le long du trait de forage), des affleurements de roche en surface et des données sismiques. Ensemble, ces indices permettent aux chercheurs de modéliser les réservoirs potentiels de pétrole. “Les données sismiques sont cruciales car elles nous donnent une idée des formations géologiques en trois dimensions, contrairement aux autres données qui sont en une seule dimension, le long du trait de forage”, notait Oksana Melnikova.

En appliquant un modèle mathématique, les scientifiques peuvent alors reconstituer le volume de certaines structures comme le lit de rivières aujourd’hui disparues. Le but : repérer les réservoirs pour y creuser un puits. “Ce processus très minutieux ressemble à de la microchirurgie vasculaire”, commentait en 2019 Boris Belozerov, directeur du département sciences et technologies et expertise géologique à Gazprom Neft. C’est seulement à cet instant que le suspense sera levé : ces grès contenaient-ils bel et bien du pétrole ou simplement de l’eau ? Pour viser le plus juste possible et éviter les dépenses inutiles, les scientifiques s’arment désormais de “jumeaux numériques”, des modélisations qui reconstituent le terrain au plus près de la réalité. “Nous générons un demi térabit d’informations chaque jour”, se félicitait Boris Belozerov. “Ces données nous permettent de tracer une carte des rivières et des plages du passé, complétait Oksana Melnikova. C’est en quelque sorte une paléo-Google map du temps des dinosaures !”

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