Lutte contre la Peste Porcine Africaine et Communication

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Lutte contre la Peste Porcine Africaine et Communication
Lutte contre la Peste Porcine Africaine et Communication

Africa-Press – Côte d’Ivoire. La ville historique de Grand-Bassam, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, accueille depuis ce jeudi 28 août 2025 un atelier crucial de lutte contre la peste porcine africaine (PPA). Pendant deux jours, des journalistes issus de la presse écrite, audiovisuelle et numérique participent à une session de renforcement des capacités, initiée par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) en collaboration avec le Ministère des Ressources Animales, dans le cadre du projet TCP/RAF/4003.

Objectif: outiller les professionnels des médias pour une communication responsable, rapide et efficace face aux menaces sanitaires.

« C’est un plaisir pour moi de m’adresser à vous au nom de la FAO », a déclaré Joseph Nyemah, représentant de l’agence onusienne en Côte d’Ivoire, lors de l’ouverture officielle. Saluant l’engagement constant des autorités ivoiriennes, il a souligné l’ampleur des dégâts causés par la maladie.

« La PPA est sans danger pour l’homme, mais son impact économique est dévastateur. En 2024, la filière porcine ivoirienne a été frappée de plein fouet: plus de 108 000 porcs abattus et 10 milliards de FCFA de pertes directes. Ces pertes touchent des milliers de familles et compromettent notre sécurité alimentaire », a-t-il rappelé.

Pour la FAO, la bonne information est une arme décisive pour stopper la propagation.

« En période de crise sanitaire, la manière dont l’information est relayée peut tout changer. Vous, journalistes, êtes des relais stratégiques: il faut informer, sensibiliser et alerter, sans créer la panique », a insisté M. Nyemah.

Le message a été réaffirmé par Dr Kallo Vessaly, Directeur général des services vétérinaires et du bien-être animal. Il a retracé l’historique de la maladie en Côte d’Ivoire, présente depuis 1996: « Le premier épisode avait coûté près de 18 milliards FCFA à l’État. Entre 2015 et 2023, nous avons subi cinq vagues successives, engendrant plus de 9 milliards FCFA de pertes. En mai 2024, la PPA a ressurgi dans douze localités, affectant plus de 1 400 éleveurs. »

Selon lui, la clé d’une riposte efficace réside dans une communication claire, rapide et coordonnée: « Une information bien transmise peut sauver des milliers d’animaux. À l’inverse, la désinformation peut aggraver les pertes et compromettre nos efforts. »

L’atelier comprend des modules pratiques sur, la biologie et l’épidémiologie de la PPA, les techniques de communication en situation de crise, la gestion des rumeurs et des échanges interactifs avec des experts vétérinaires.

Pour Dr Vessaly, l’enjeu est clair: « Les médias que vous représentez touchent des millions de citoyens. En relayant une information fondée et accessible, vous contribuez directement à protéger notre cheptel. »

Cette première journée a mis l’accent sur la nécessité de créer un réseau de journalistes spécialisés dans la couverture des crises sanitaires, un objectif que la FAO et le Ministère des Ressources Animales souhaitent atteindre au-delà de cette formation ponctuelle.

La filière porcine ivoirienne, qui génère des milliers d’emplois et des milliards de revenus chaque année, dépend désormais de la mobilisation concertée entre l’État, les experts techniques et les médias pour barrer la route à la PPA.

« La santé animale est un pilier de la sécurité alimentaire et du développement durable. Ensemble, nous pouvons prévenir de nouvelles vagues et protéger nos communautés », a conclu Joseph Nyemah.

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