La mutation qui fait passer Escherichia coli d’inoffensive à dangereuse

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La mutation qui fait passer Escherichia coli d'inoffensive à dangereuse
La mutation qui fait passer Escherichia coli d'inoffensive à dangereuse

Africa-Press – Djibouti. Le monde des bactéries nous demeure largement inconnu. Dernier exemple en date avec pourtant l’une des plus communes qui soit: Escherichia coli. En effet, celle-ci se niche dans le tube digestif de l’être humain et plus généralement dans celui de tous les animaux à sang chaud. La plupart du temps, elle est totalement inoffensive.

Des bonnes et des mauvaises Escherichia coli

Pourtant, elle est également à l’origine de plusieurs maladies très sévères, comme des infections intestinales, urinaires, cutanées, pulmonaires ou encore, chez le nouveau-né, des méningites. Dans le pire des cas, la bactérie peut donc envahir malicieusement tous les organes, du cerveau au foie. Il pourrait donc exister de “bonnes” E.coli et des “mauvaises”. Mais qu’est-ce qui distingue les deux types ?

Mark Schembri et Nhu Nguyen de l’université du Queensland (Australie), et leur équipe, ont mis le doigt sur l’un des processus qui transformerait la bactérie commensale en pathogène. Ils publient leurs résultats dans la revue Nature Communications.

Une mutation qui empêche la bactérie de fabriquer de la cellulose

En analysant une série de génomes d’une souche d’E.coli très pathogène, les chercheurs ont ainsi identifié une mutation qui empêche la bactérie de fabriquer de la cellulose.

Cette molécule organique connue pour constituer la paroi cellulaire de nombreux végétaux est également synthétisée par les bactéries. Grâce à la cellulose, les bactéries peuvent fabriquer des fibres très adhésives et protectrices leur permettant de se rassembler en communautés multicellulaires symbiotiques nommées biofilms.

5 millions de décès par an

Les chercheurs australiens ont démontré que les bactéries E.coli pathogènes sont pourvues d’une mutation qui empêche, ou à tout le moins réduit, leur synthèse de cellulose. Cela conduit à une augmentation de l’inflammation de l’hôte et à une rupture de la barrière intestinale. Plus virulente, E.coli devient alors capable de se disséminer largement et d’envahir d’autres organes de l’individu, et au-delà, d’infecter d’autres organismes.

En outre, le phénomène ne concernerait pas uniquement cette bactérie. Les analyses génomiques ont révélé aux scientifiques que l’absence de fabrication de cellulose se retrouvait également chez plusieurs souches de Shigella et de Salmonella associées à de sévères maladies épidémiques.

Alors que la résistance aux antibiotiques est devenue un enjeu majeur de santé publique et que chaque année, plus de cinq millions de décès sont causés par des bactéries insensibles à tout traitement, dont 800.000 par E.coli, il devient urgent, préviennent les chercheurs, de trouver des parades pour réduire les contagions inter-humaines.

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