Africa-Press – Gabon. Mensonge le vendredi, fuite le samedi. En vingt-quatre heures chrono, Denis J. Dernault a réussi l’exploit de trahir son personnel, berner les autorités gabonaises et abandonner lâchement deux établissements hôteliers prestigieux. Le directeur général du cluster Radisson au Gabon s’est volatilisé comme un vulgaire fuyard, laissant derrière lui un courriel d’excuses pathétique envoyé depuis Paris. Interrogatoire musclé à l’aéroport? Craintes sécuritaires? Les explications fumeuses du transfuge ne convainquent personne.
Comment peut-on rassurer publiquement son personnel un vendredi pour disparaître discrètement le lendemain? Le départ rocambolesque de Denis J. Dernault, directeur général du cluster Radisson au Gabon, défie toutes les règles de la déontologie managériale et laisse planer un malaise profond sur les véritables circonstances de cette fuite organisée.
Le scénario relève du vaudeville. Le vendredi 6 janvier 2026, le dirigeant français, originaire de la Guadeloupe, multiplie les apparitions: assemblée générale au sein de l’hôtel pour démentir fermement les rumeurs circulant sur son départ, visite protocolaire au ministère du Tourisme où il ne souffle mot de ses intentions réelles. Partout, le même discours apaisant. Il n’en reste pas moins que, dans les cercles dirigeants de l’établissement, chacun savait la réalité: le contrat de Denis J. Dernault est arrivé à son terme, et aucune reconduction n’a encore été actée. L’homme travaillait donc sans filet contractuel ces derniers temps, dans l’attente hypothétique d’un renouvellement qui ne viendra manifestement jamais.
Un courriel envoyé depuis Paris
Moins de vingt-quatre heures plus tard, samedi 7 janvier à 7h30, la stupéfaction: un courriel d’excuses envoyé depuis Paris annonce le fait accompli. Denis J. Dernault s’excuse de partir sur la pointe des pieds, euphémisme pour qualifier une désertion en bonne et due forme.
Mais l’affaire prend une tournure plus troublante avec les explications circulant dans les couloirs de l’hôtel. Selon le contenu de ce courriel, que GabonReview n’a pu consulter, Denis J. Dernault justifierait sa fuite par des craintes sécuritaires. À son retour de vacances en janvier, il aurait été soumis à un interrogatoire de quatre heures par les autorités aéroportuaires à Libreville.
Trop de zones d’ombre
Cette version soulève une avalanche de questions. Si ces craintes étaient fondées, pourquoi mentir effrontément à son personnel la veille? Pourquoi tromper les autorités ministérielles le jour même? Un manager inquiet organise-t-il une assemblée rassurante quelques heures avant de fuir? La chronologie dément le récit sécuritaire et suggère plutôt une stratégie calculée de diversion.
Plus troublant: quelle est la nature exacte l’interrogatoire supposée, à l’aéroport de Libreville? Quelles questions pendant quatre heures? Le silence sur son contenu alimente les spéculations au sein de l’établissement.
Cette défection laisse en tout cas les deux hôtels librevillois sans capitaine, avec une supervision intérimaire improvisée et une image institutionnelle écornée. Comment expliquer aux partenaires qu’un directeur général disparaît après avoir solennellement démenti cette éventualité?
Une passation de charges, prochainement? L’hypothèse paraît aussi improbable que le retour de l’intéressé sur le sol gabonais. Denis J. Dernault laisse derrière lui un parfum de mystère et une réputation professionnelle sérieusement entachée.





