Rentrée Du CeseC: Crimes De Sang Et Iboga En Session

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Rentrée Du CeseC: Crimes De Sang Et Iboga En Session
Rentrée Du CeseC: Crimes De Sang Et Iboga En Session

Africa-Press – Gabon. À l’ouverture de la première session ordinaire du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), mardi 17 février 2026 à Libreville, son président, Guy Bertrand Mapangou, a placé les travaux sous le signe des préoccupations majeures du moment: l’insécurité liée à la recrudescence des crimes crapuleux et la valorisation stratégique de l’Iboga. Pendant 21 jours, l’institution entend consulter les forces vives afin d’orienter l’action publique sur ces deux dossiers jugés structurants pour l’avenir du Gabon.

Le Conseil économique, social, environnemental et culturel a ouvert sa première session ordinaire ce mardi en présence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault. D’emblée, Guy Bertrand Mapangou a justifié le choix d’inscrire la question sécuritaire à l’ordre du jour. Selon le président du CESEC, la multiplication d’actes criminels particulièrement violents impose une réflexion nationale dépassionnée.

«L’inscription à l’ordre du jour de la recrudescence des crimes crapuleux de sang et […] l’ouverture d’un débat sur un éventuel retour de la peine de mort ne procèdent nullement d’une volonté de rupture avec les principes fondamentaux des droits de l’homme et de l’État de droit», a-t-il défendu, assurant qu’il ne s’agit pas d’un plaidoyer pour la peine capitale, mais d’un débat sur l’efficacité des réponses judiciaires face à un phénomène qui nourrit un sentiment d’insécurité dans l’opinion. «Il s’agit moins de prôner le retour absolu de la peine capitale que de poser, sans faux-semblants, la question de l’efficacité de notre arsenal répressif et préventif», a-t-il déclaré plus d’un mois après qu’il a jeté un pavé dans la mare, lors de la présentation des vœux de Nouvel An au président de la République.

Plusieurs semaines après, l’institution consultative reconnaît que son objectif était de «provoquer un électrochoc» et de replacer la protection de la vie humaine au centre du débat public.

Aussi, Mapangou a-t-il appelé à une approche globale, refusant toute réponse strictement pénale. «Ces solutions ne sauraient être exclusivement pénales ; elles doivent mobiliser les leviers sécuritaires, judiciaires, législatifs, éducatifs et sociaux», a-t-il précisé avant d’annoncer que le CESEC mènera, sur instruction du chef de l’État, «une consultation élargie des forces vives de la nation» durant les travaux de la session.

L’Iboga, entre patrimoine sacré et enjeu économique

Le second axe des travaux concerne l’Iboga, plante emblématique du patrimoine culturel gabonais, que le CESEC souhaite transformer en levier économique et scientifique. Le président du Conseil a en effet alerté sur les risques de biopiratage et d’appropriation des savoirs traditionnels, alors même que la plante, «au cœur de notre identité profonde», attire l’intérêt de laboratoires étrangers.

«Malgré son potentiel reconnu, l’Iboga demeure insuffisamment structuré et reste exposé à des risques de surexploitation, de bio-piratage et d’appropriation illégitime des savoirs traditionnels», a-t-il regretté, plaidant pour une structuration encadrée de la filière, qui associerait recherche scientifique, protection juridique et valorisation économique.

«Le gouvernement se doit de déclarer l’Iboga patrimoine national inaliénable», a exhorté Guy Bertrand Mapangou qui, dans son intervention, a également évoqué les enjeux de souveraineté scientifique et culturelle, estimant que le pays ne peut rester à l’écart alors que la plante suscite un intérêt international croissant: «Le Gabon ne peut, et ne doit plus, rester spectateur de sa propre spoliation !»

Orienter les politiques publiques

Pour le CESEC, ces deux thèmes — sécurité et valorisation de l’Iboga — relèvent d’une même logique: apporter des réponses durables aux crises sociales tout en préparant l’avenir économique et culturel du pays: «Qu’il s’agisse de lutter contre les crimes de sang devenus légion ou de faire de l’Iboga un véritable levier de développement durable, ces réflexions visent à produire des réponses adaptées.»

À l’issue de cette session de 21 jours, l’institution consultative devrait formuler des recommandations destinées à éclairer les décisions publiques, dans un contexte où la demande de sécurité et la question de la souveraineté économique occupent une place croissante dans le débat national.

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