Africa-Press – Gabon. Le Parti Démocratique Gabonais, dans sa tendance conduite par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, a publié ce 18 février 2026 à Libreville une déclaration relative à la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) portant suspension des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national.
Dans son texte, le courant du PDG affirme avoir pris connaissance « avec stupeur et indignation » de cette décision rendue le 17 février 2026. Il qualifie la mesure de « décision d’une gravité sans précédent dans l’histoire politique et institutionnelle du Gabon indépendant ».
Sur le plan juridique, le Parti rejette l’argument fondé sur la loi n°019/2016 du 9 août 2016 portant Code de la communication. Il estime que ce texte prévoit des sanctions ciblées contre des auteurs de contenus illicites et non une suspension générale des plateformes. Dans la déclaration, il est notamment écrit que « sanctionner des millions d’utilisateurs innocents pour les agissements supposés de quelques-uns constitue une sanction collective, étrangère à tout État de droit ».
Le document conteste également l’invocation des « normes internationales applicables en matière de communication numérique ». Selon le PDG, ces mêmes normes condamnent les coupures générales d’internet et des réseaux sociaux, jugées disproportionnées et incompatibles avec les droits fondamentaux consacrés par les textes ratifiés par le Gabon.
Au-delà de l’argumentaire juridique, la déclaration met en avant les conséquences économiques et sociales de la suspension. Le parti évoque l’impact sur les commerçants, artisans, entrepreneurs et prestataires de services qui utilisent les réseaux sociaux comme outil de travail, ainsi que sur la jeunesse gabonaise. « En suspendant les réseaux sociaux, le régime en place coupe littéralement une génération entière de ses outils d’expression et de développement », peut-on lire.
Dans ses conclusions, le PDG (tendance Ali Akbar) « condamne avec la plus grande fermeté » la décision de la HAC, en demande le retrait immédiat et appelle les forces politiques, la société civile et les organisations de défense des droits humains à se mobiliser par des moyens pacifiques.
Christina Thélin Ondo





