Africa-Press – Gabon. Alors que les crimes rituels ont semé ces dernières semaines l’effroi au sein des populations, l’Église catholique sort de son silence. À l’occasion de la clôture du Jubilé 2025, Monseigneur Jean-Vincent Ondo Eyene a dénoncé l’horreur de ces «actes barbares» et interpellé directement les forces de sécurité, appelées à assumer pleinement leurs responsabilités face à une violence qui endeuille le pays et ébranle la confiance des citoyens.
À l’occasion de la messe de clôture du Jubilé 2025, célébrée le 28 décembre dernier, la Conférence épiscopale du Gabon a célébré la Journée nationale de lutte contre toutes formes de violence et d’atteinte à la vie. À Oyem, Monseigneur Jean-Vincent Ondo Eyene a une nouvelle fois élevé la voix face à la recrudescence des crimes rituels qui frappent à nouveau le pays.
Dans un message empreint de gravité et d’indignation, l’évêque d’Oyem a appelé les fidèles à la prière et à la mobilisation. «Le cœur lourd de douleur face aux crimes rituels qui ensanglantent notre cher pays, je pense à ceux qui ont été arrachés à la vie, dont les corps ont été profanés et l’innocence brisée», a-t-il déclaré, évoquant notamment l’assassinat récent du jeune Pascal Cameron Loko, ainsi que de nombreuses victimes dont les crimes demeurent encore impunis.
Le président de la Conférence épiscopale du Gabon a confié à Dieu les âmes de ces victimes innocentes – enfants, femmes et hommes – implorant le repos éternel pour eux et le réconfort pour leurs familles. Il a également adressé une pensée aux survivants, marqués à jamais par ces violences, appelant à leur guérison physique et spirituelle.
Les forces de sécurité appelées à assumer pleinement leurs missions
Condamnant avec fermeté ces actes qu’il qualifie de «barbares et diaboliques», Mgr Jean-Vincent Ondo Eyene a exhorté les autorités, les leaders communautaires et l’ensemble des citoyens à rejeter ces pratiques obscures et à promouvoir le respect sacré de la vie humaine. Il a surtout lancé un appel direct aux forces de sécurité, les invitant à assumer pleinement leurs missions afin que les auteurs de ces crimes soient identifiés, jugés et punis conformément à la loi.
La sortie de l’évêque d’Oyem traduit l’engagement renouvelé de l’Église gabonaise dans la lutte contre les sacrifices humains. Un engagement d’autant plus pressant qu’en moins d’une semaine, trois découvertes macabres ont été signalées à Libreville, notamment à Nzeng-Ayong, Akanda et à l’IAI, ravivant la peur et l’émoi au sein des populations.





