Déficit de 660 Millions de Dollars à l’OMS

1
Déficit de 660 Millions de Dollars à l'OMS
Déficit de 660 Millions de Dollars à l'OMS

Africa-Press – Gabon. Confrontée à un déficit de 660 millions de dollars et à la baisse des contributions volontaires, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur sa capacité à répondre aux crises sanitaires mondiales. À l’ouverture de la 43e réunion de son Conseil exécutif, son Directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé les donateurs à garantir un financement «suffisant et de qualité», alors que l’agence onusienne réduit son budget et se réorganise pour préserver son indépendance et son efficacité.

L’OMS traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire. Confrontée à un déficit de 660 millions de dollars, conséquence directe de la baisse des contributions volontaires, l’agence onusienne se retrouve dans un «contexte très difficile», selon son Directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

À l’ouverture de la 43e réunion du Conseil exécutif, le chef de l’OMS a lancé un appel pressant aux donateurs, les exhortant à garantir «non seulement des financements suffisants, mais aussi de qualité» afin de soutenir les priorités essentielles du programme général de travail. Le manque de ressources compromet gravement la capacité de l’organisation à répondre aux enjeux mondiaux de santé.

Un budget réduit à 4,2 milliards de dollars, risque pour les secteurs clés

La majorité des contributions volontaires étant affectées à des projets spécifiques, plusieurs domaines stratégiques restent sous-financés. Parmi eux: la préparation aux situations d’urgence, la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, le financement de la santé, la résilience climatique, ainsi que les déterminants et facteurs de risque liés à la santé.

Cette alerte intervient dans un contexte aggravé par le retrait formel des États-Unis de l’agence onusienne, annoncé la semaine dernière.

Face à la détérioration des perspectives d’aide internationale, l’OMS a dû revoir drastiquement ses ambitions budgétaires. Le budget prévisionnel de 5,3 milliards de dollars pour 2026-2027, initialement proposé, avait déjà été ajusté à 4,9 milliards. En mars dernier, une nouvelle réduction à 4,2 milliards a été validée par l’Assemblée mondiale de la Santé.

«Comme vous le savez, l’année écoulée a été l’une des plus difficiles de l’histoire de l’OMS. Au cours des 12 derniers mois, nous avons mené à bien un processus douloureux, mais nécessaire de hiérarchisation des priorités et de réorientation», a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Des suppressions de postes limitées

Pour faire face à ce déficit, l’organisation a fusionné des départements, délocalisé certaines fonctions et engagé une restructuration interne. Sans cette stratégie, près de 3 000 employés auraient été licenciés. L’OMS a finalement limité les suppressions de postes à 1241, dont 1 162 départs liés à des retraites ou des départs volontaires. En parallèle, environ 600 postes ont pu être sauvés grâce à l’augmentation des contributions obligatoires.

«Comme vous pouvez l’imaginer, ce processus a été difficile et douloureux», a reconnu le Directeur général.

Au-delà de la crise budgétaire, l’OMS entend se réinventer pour mieux répondre aux défis émergents. Les pays membres font face à des enjeux nouveaux – du changement climatique à l’intelligence artificielle – qui exigent une organisation plus agile et résiliente.

«Je vois donc l’OMS du futur comme une organisation plus légère, encore plus ciblée, plus efficace et mieux adaptée à sa mission: une organisation dont l’indépendance est protégée et le financement assuré, moins vulnérable aux chocs causés par les changements géopolitiques», a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L’agence sanitaire mondiale s’est ainsi engagée dans des discussions de réforme pour faciliter la transition vers un écosystème de santé global plus collaboratif et plus efficace.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here