Africa-Press – Gabon. Face à la recrudescence des atteintes aux droits de l’enfant, une trentaine de journalistes gabonais ont pris part, le 30 décembre 2025 à Libreville, à une formation initiée par l’UNICEF en partenariat avec le ministère de la Communication. Objectif: renforcer un traitement médiatique éthique, responsable et respectueux de l’intérêt supérieur de l’enfant.
En partenariat avec le ministère de la Communication, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a organisé, le 30 décembre 2025 au Centre d’Accueil pour Enfants en Difficulté Sociale (Capeds), une session de formation à l’intention de 30 journalistes issus de différents organes de presse gabonais. L’opération visait à renforcer la qualité du traitement médiatique des sujets liés aux droits et à la protection de l’enfant, dans un contexte marqué par la recrudescence des violences et atteintes aux mineurs.
Placée sous le signe de l’engagement et de la responsabilité sociale des médias, la session a permis aux participants d’aborder plusieurs thématiques essentielles. Il s’est agi notamment des principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l’enfant, des systèmes nationaux de protection, du cadre juridique gabonais, et des techniques de traitement de l’information respectueuses de l’enfant. Les échanges ont également porté sur la Charte et le Guide de protection de l’enfant dans les médias, outils de référence pour une pratique journalistique éthique.
«Il s’agissait de permettre à ces professionnels de se familiariser avec le Code de l’enfant qui contient les règles de protection de l’enfant en République gabonaise, afin d’améliorer les reportages et les articles de presse dans le sens de la prise en compte de la protection de l’enfance dans leurs missions quotidiennes», a expliqué Roger Darnel Nguema Ondo, procureur de la République près le tribunal de première instance de Ntoum.
Le journaliste doit protéger les enfants
La formation a également mis en évidence le rôle des médias dans la promotion des droits de l’enfant et la prévention des violations. Pour la représentante de l’UNICEF au Gabon, Dr Marie-Reine Chirezi Fabry, les journalistes ont une responsabilité particulière vis-à-vis des enfants, considérés comme une population vulnérable. «Votre rôle est de protéger les enfants, nos enfants du Gabon, parce qu’ils sont vulnérables. Vous avez le devoir d’informer, d’éduquer et de communiquer auprès des populations et des communautés sur les droits de l’enfant, sans les exposer», a-t-elle recommandé lors de son allocution d’ouverture.
La patronne de l’UNICEF Gabon a insisté sur l’importance des médias nationaux dans la sensibilisation de l’opinion publique et la création d’un environnement favorable à l’épanouissement de chaque enfant. «Les médias sont nos alliés. Il est important qu’ils soient outillés et informés. Cette formation n’est qu’un début, d’autres suivront, car la protection de l’enfant est un travail continu», a-t-elle souligné, appelant également à la formation des acteurs de l’information sur les réseaux sociaux.
Un rappel des règles fondamentales du métier
Pour les participants, la session a constitué un rappel salutaire des règles fondamentales du métier. Line Alomo, journaliste à L’Union, a salué l’initiative. «Cette formation a permis de rappeler des principes que nous connaissons, mais que la routine nous amène parfois à négliger, comme le floutage des visages ou les conditions d’entretien avec les enfants», a-t-elle confié. Selon la journaliste, ces rencontres sont nécessaires pour recentrer la pratique journalistique sur l’intérêt supérieur de l’enfant.
À l’issue de la formation, les journalistes participants se sont engagés à devenir de véritables ambassadeurs des droits de l’enfant au sein de leurs rédactions. Ils ont également recommandé à l’UNICEF de poursuivre son appui, de renforcer les capacités des professionnels des médias et de mettre à leur disposition des outils adaptés pour un traitement responsable et éthique des sujets liés à l’enfance.





