Écran Noir Définitif Sur Télé Africa, Salariés Incertains

1
Écran Noir Définitif Sur Télé Africa, Salariés Incertains
Écran Noir Définitif Sur Télé Africa, Salariés Incertains

Africa-Press – Gabon. Après des décennies de présence dans le paysage audiovisuel gabonais, la chaîne TV SAT / Télé Africa a officiellement cessé ses activités ce 31 décembre 2025. Ce qui ne devait être qu’une restructuration s’est mué en une liquidation brutale, laissant derrière elle des dizaines de professionnels de l’information sans emploi. Entre propositions d’indemnisation jugées dérisoires et arriérés de salaires abyssaux, cette fermeture interroge sur la protection des travailleurs du secteur privé et la gestion du passif d’un média historiquement lié à la famille Bongo.

L’aventure s’arrête ici. Ce mercredi 31 décembre 2025, le signal de Télé Africa s’est définitivement éteint. Placée sous administration provisoire dirigée par Maître Roger Valère Moussadji, la société a officiellement déclaré son incapacité à faire face à ses engagements financiers. Le manque criant de trésorerie et l’absence de revenus viables ont conduit à une cessation de paiements inéluctable.

Le syndic judiciaire, aux commandes depuis septembre 2023, a engagé une procédure de rupture amiable des contrats de travail. Une démarche présentée par la direction comme l’ultime levier pour «désintéresser» le personnel, mais qui, sur le terrain, ressemble à une déroute sociale.

Pour les agents, le choc est double: à la perte de l’emploi s’ajoute le sentiment d’une «spoliation». De nombreux salariés, affichant jusqu’à 20 ans d’ancienneté, dénoncent des propositions d’indemnisation ne couvrant même pas la moitié de leurs droits légaux. Le litige est d’autant plus vif que les arriérés de salaires s’étendent, pour certains, sur près de 18 mois de carence totale.

«On nous demande de quitter les locaux avec des miettes après des années de loyaux services», s’insurge un membre du collectif ‘Unis pour nos droits’. Ces travailleurs, qui évoluaient déjà sans couverture CNSS ni plan social structuré, se retrouvent aujourd’hui dans une précarité extrême, jetés sur un marché de l’emploi saturé.

L’État face à ses responsabilités sociales

Au-delà de la chute d’un empire médiatique, c’est le silence des pouvoirs publics qui cristallise les tensions. Malgré les sit-in devant le domicile de Pascaline Bongo Ondimba, présidente du conseil d’administration, et une rencontre infructueuse avec l’ancienne ministre de la Communication, Laurence Ndong, aucune issue concrète n’a été trouvée. Le statut «ambigu» de la chaîne semble avoir paralysé toute intervention étatique efficace.

Alors que le chômage est au cœur des priorités nationales, le sort de ces «communicateurs expérimentés» pourrait devenir un dossier politique encombrant. Le collectif prévient: poussés à bout, ces professionnels de l’image pourraient porter leur combat au-delà des frontières nationales, au risque d’écorner l’image du climat social gabonais. Une question reste entière: le gouvernement saura-t-il imposer un arbitrage équitable pour éviter que cette fermeture ne se transforme en un véritable scandale social?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here