En 2026, faisons de la nature un sujet qui nous rassemble

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En 2026, faisons de la nature un sujet qui nous rassemble
En 2026, faisons de la nature un sujet qui nous rassemble

Africa-Press – Gabon. À l’heure des vœux rituels et des promesses souvent vite oubliées, une autre ambition s’esquisse: déplacer le regard, changer la focale, et interroger ce que nous choisissons, ou non, de mettre au cœur de nos discussions collectives. Entre transmission, appropriation et responsabilité générationnelle, la question du patrimoine naturel gabonais est ici abordée non comme un mot d’ordre institutionnel, mais comme un enjeu vivant, quotidien, profondément politique au sens noble. Dans cette chronique de début d’année, Adrien NKoghe-Mba* invite à une rupture silencieuse mais décisive: faire de la nature un sujet de conversation avant d’en faire un objet d’action.

Les vœux de début d’année ne sont pas faits pour annoncer des plans, encore moins des solutions clés en main. Ils servent à indiquer une direction, à déplacer un regard. En ce passage de 2025 à 2026, mon vœu est volontairement simple: que le patrimoine naturel du Gabon devienne un sujet autour duquel les jeunes échangent, débattent et se projettent.

Pas comme un thème institutionnel. Pas comme un slogan écologique. Mais comme une conversation vivante, quotidienne, générationnelle.

Pendant longtemps, la nature gabonaise a été traitée comme un objet lointain: sanctuarisée, protégée, admirée. On en parlait dans les rapports, les conférences internationales, les documentaires étrangers. Beaucoup moins dans les cours d’école, les universités, les réseaux sociaux ou les discussions informelles entre jeunes.

Or, une génération qui ne parle pas de son patrimoine ne peut ni se l’approprier, ni le transformer. Le silence n’est jamais neutre: il laisse la place aux récits extérieurs.

Mon vœu pour 2026 est que la forêt, les rivières, la faune, les paysages deviennent des sujets de conversation ordinaires. Qu’on en parle dans les podcasts, les projets créatifs, les débats étudiants, les espaces numériques. Qu’on les aborde avec curiosité, esprit critique et ambition.

Parler de nature, ce n’est pas seulement parler de protection. C’est se demander: à quoi peut-elle servir? quels métiers peut-elle faire naître? quelles opportunités peut-elle offrir? quelles erreurs faut-il éviter?

Avant les politiques publiques, il y a les idées. Avant les entreprises, il y a les échanges. Avant les vocations, il y a les récits partagés. Quand les jeunes commencent à discuter d’un sujet entre eux, ce sujet cesse d’être abstrait. Il devient un espace à investir.

Le patrimoine naturel du Gabon n’a pas seulement besoin d’experts ou de financements. Il a besoin d’être pensé, questionné et raconté par ceux qui en hériteront.

Si cette conversation ne naît pas, d’autres continueront à parler à la place des Gabonais. Si elle s’installe, alors tout devient possible: formations nouvelles, initiatives locales, projets entrepreneuriaux, récits internationaux portés de l’intérieur.

En ce début d’année 2026, je ne souhaite pas seulement plus de protection ou plus de budgets. Je souhaite plus de paroles, plus d’échanges, plus de curiosité collective autour de ce que nous avons de plus singulier.

Car le patrimoine naturel du Gabon n’est pas seulement une richesse biologique.

C’est un sujet de société.

Et il mérite d’être au cœur des conversations de sa jeunesse.

*Président de l’association Les Amis de Wawa pour la préservation des forêts du bassin du Congo.

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