présentation du projet « réappropriation des rues pour les piétons et les cyclistes en Guinée »

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présentation du projet « réappropriation des rues pour les piétons et les cyclistes en Guinée »
présentation du projet « réappropriation des rues pour les piétons et les cyclistes en Guinée »

Africa-Press – Guinée. A l’occasion d’un séminaire tenu dans un réceptif hôtelier à Conakry ce mercredi, 30 novembre 2022, ONU-Habitat a présenté le projet intitulé « réappropriation des rues pour les piétons et les cyclistes en Guinée ». Le but de ce projet est d’améliorer la sécurité routière dans les villes africaines pour les piétons et cyclistes en rendant les rues plus sûres pour les usagers. La rencontre a réuni des représentants des ministères des Transports, de la sécurité, de l’Urbanisme, de la Santé, de l’Enseignement Pré-universitaire, des institutions d’assurance, des communes de Conakry, du monde universitaire et des organisations des Nations-Unies.

Le projet est développé avec l’appui du Programme des Nations-Unies pour les Établissements Humains (ONU-HABITAT) et l’Institut des Polytechniques de Transport et Développement (ITDP). Il est financé par le Fonds des Nations-Unies pour la sécurité routière et est mis en œuvre avec UNEF et UNICEF.

« Il s’agit d’un projet régional au sein duquel la Guinée participe avec d’autres pays comme le Kenya, l’Éthiopie, le Mozambique et le Rwanda. C’est un projet qui s’intitule réappropriation des rues par les cyclistes et les piétons. C’est comment faire en sorte qu’on planifie autrement nos villes de manière à ce qu’on contribue à marcher plus, rouler moins en voiture et aussi réduire les accidents liés à la sécurité routière dans un cadre de vie qui soit mieux aménagé. Le constat duquel on est parti, c’est que pendant la période du Covid on a dû changer nos habitudes, parce qu’on ne pouvait plus utiliser les transports collectifs, on a dû marcher, on a dû faire du vélo. Et donc, c’est une période pendant laquelle on a vraiment utilisé de manière plus intense les transports non motorisés. On sait que ces transports non motorisés sont importants pour le bien-être au niveau de la ville, pour réduire l’émission des gaz à effet de serre, que c’est mieux pour le climat, que c’est mieux pour le bien-être des habitants etc. Donc, en fait, c’était un peu saisir l’opportunité de cette période Covid et post Covid pour retravailler sur ces questions-là. Pour l’amélioration de la sécurité routière et puis l’amélioration de la circulation, de la mobilité en ville, donc pour une mobilité qui soit plus verte. Il est prévu dans le cadre de ce projet qu’on fasse un exercice d’audit des rues et des voies publiques, donc de regarder tous ces aspects de sécurité et d’occupation (…), pour voir aussi d’une part avec les citoyens comment on peut avoir des designs de rues qui soient plus sûrs pour les différents usagers. Que ce soit les usagers qui sont véhiculés dans des engins motorisés ou non motorisés, mais aussi pour les usagers qui sont piétons, cyclistes et autres. Donc, c’est de voir comment on peut dessiner les rues et les trottoirs avec aussi des pistes cyclables qui soient plus adaptées de manière à ce que ça puisse aussi réduire les cas d’accident sur les voies. Donc, demain, on va avoir cet exercice d’audit qu’on va faire ici dans le quartier (Kipé). Ça va être un test pratique. Donc, on va travailler avec les techniciens, mais aussi avec les usagers pour faire cet audit et voir comment on peut changer et améliorer les choses. Après, c’est un processus aussi d’apprentissage, donc ça va être un test », a expliqué la coordinatrice projet ONU-Habitat, Gwendoline Mennetrier.

La phase pilote de ce projet va durer 2 ans, mais d’autres phases intérieures suivront pour expliquer certaines initiatives qui pourront se faire dans d’autres communes. La sécurité routière constitue un problème majeur dans le monde, encore plus en République de Guinée où des accidents de la circulation mortels continuent à endeuiller les familles. Thierno Mamadou Barry, directeur général de l’Agence guinéenne de la sécurité routière (AGUISER), a d’ailleurs tenu à rendre hommage aux victimes de ces accidents avant d’entamer son discours. Il a aussi salué la pertinence de ce projet et assuré que son agence mettra tout en œuvre pour l’accompagner dans la réalisation de ses objectifs.

« Cette cérémonie nous offre l’occasion de rappeler que les accidents de la route constituent de nos jours un fléau mondial. Car, chaque année dans le monde, les accidents de la circulation causent près de 1,35 millions de décès évitables. Évitable, oui ! C’est possible si chacun arrivait à jouer son rôle et assumer ses responsabilités. Permettez-moi de rappeler que le taux de mortalité dû aux accidents de la circulation routière en Afrique est de 26.6 décès pour 100 000 habitants. Les personnes vulnérables que sont les enfants, les femmes et les personnes vivant avec le handicap ne sont pas épargnées. Selon un rapport de l’Institut national de la statistique réalisé en 2018, 51 mineurs ont perdu la vie sur les routes dans la zone de Conakry. Cette situation risque de s’exacerber si des actions correctives ne sont pas menées, avec l’urbanisation de plus en plus rapide dans les villes africaines qui accueilleront 900 millions de nouveaux habitants à l’horizon 2050. Cette urbanisation rapide a pour corollaire les embouteillages, l’inaccessibilité urbaine, les émissions de gaz à effet de serre qui accélèrent le processus de réchauffement climatique. Ainsi, faire la promotion des voyageurs actifs que sont les personnes qui font du vélo, de la marche à pied, constitue une stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les orientations politiques dans notre pays ne prennent pas suffisamment en compte ce type de transports. D’où la pertinence du présent atelier. Nous entendons traduire la ferme volonté du président de la transition, Colonel Mamadı Doumbouya, de mener une lutte vigoureuse contre les accidents de la route sur toute l’étendue du territoire sous le leadership du Ministre des Transports (…). Je tiens à affirmer ici tout l’intérêt de mon institution, l’Agence Guinéenne de la Sécurité Routière, à accompagner la réalisation des activités du projet, au regard de l’alignement de ses objectifs avec nos attributions et nos priorités, telles que l’amélioration du système d’informations sur les accidents de la circulation routière, le recueil, le traitement, l’analyse, et la diffusion des données statistiques sur les accidents de la circulation, et la réalisation des études relatives à la sécurité routière », a-t-il indiqué.

Situé en première ligne de la sécurité routière, Abdoulaye Diallo, commissaire principal de police, chef de division chargé de la réglementation et des statistiques à la direction centrale de la police routière, estime que ce projet phare va apporter beaucoup de choses à la Guinée.

« La sécurité routière, c’est d’abord une activité transversale qui regroupe beaucoup d’entités, beaucoup de départements dont la police routière est un maillon. Ce projet est un projet phare, c’est un projet d’avenir s’il est réalisé à 100%. Ça va rapporter beaucoup de choses à la Guinée et aux futures générations, surtout quand on parle d’accident de la circulation qui est devenu un fléau. Les accidents de la circulation aujourd’hui tuent plus que les épidémies. Si vous avez la chance de vous rendre au niveau de nos centres hospitaliers en traumatologie, vous voyez le nombre de victimes d’accident de la circulation, vous serez étonné », a-t-il fait savoir, avant d’inviter les citoyens au respect des règles de la sécurité routière.

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