Africa-Press – Madagascar. Deux malgaches ont été victimes d’un réseau de traite d’êtres humains au Cameroun, révèle l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) à l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet.
Le deux personnes personnes, un homme et une femme âgées respectivement de 24 ans et 26 ans sont partis avec l’espoir d’un avenir meilleur. Attirés par de fausses promesses d’emploi à hauts revenus, les deux jeunes ont quitté Madagascar début 2024. Rakoto (prénom changé), vendeur de noix de coco, s’était vu proposer un poste de chauffeur poids lourd avec un salaire trois fois supérieur à ses revenus habituels. Quelques mois plus tard, il a convaincu sa cousine Rasoa (prénom changé) de le rejoindre pour un prétendu poste d’assistante de direction à Yaoundé. Tous deux ont dû financer eux-mêmes leur voyage, empruntant de l’argent à leur entourage, ce qui a renforcé leur dépendance au réseau.
Une fois sur place, la désillusion a été brutale. Dépouillé à son arrivée, Rakoto a été conduit dans une structure où il a compris qu’il était impliqué dans un système pyramidal baptisé « Equinet ». Rasoa, de son côté, a été logée dans des conditions précaires et forcée de recruter d’autres Malgaches. Aucun des deux n’a obtenu le poste promis. Le réseau exigeait qu’ils investissent eux-mêmes dans des produits fictifs pour simuler une activité économique.
Leur calvaire a pris fin grâce à l’intervention d’un membre de la diaspora malgache au Cameroun, qui a alerté les autorités locales. Libérés par la gendarmerie, les deux cousins ont été pris en charge par l’OIM. L’organisation leur a apporté une assistance médicale, psychologique, un hébergement temporaire, ainsi qu’une aide financière à leur retour à Madagascar. Bien qu’éprouvés et endettés, Rakoto et Rasoa tentent aujourd’hui de reconstruire leur vie.
Cette affaire met en exergue la montée inquiétante de la traite des personnes à Madagascar, exacerbée par la pauvreté, le chômage massif et les effets du changement climatique. En 2024, l’OIM a déjà assisté au retour de plusieurs victimes malgaches et continue de lancer des campagnes de sensibilisation. L’histoire de Rakoto et Rasoa rappelle à quel point les promesses de l’étranger peuvent masquer des formes modernes d’exploitation.
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