pourquoi, malgré les sanctions, les avions militaires français continuent leurs rotations

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pourquoi, malgré les sanctions, les avions militaires français continuent leurs rotations
pourquoi, malgré les sanctions, les avions militaires français continuent leurs rotations

Africa-Press – Mali. Accusée par Bamako d’avoir violé l’espace aérien malien, l’armée française assure que ses vols ne sont pas concernés par les sanctions imposées au Mali par la Cedeao.

L’affaire est symptomatique des tensions actuelles entre Paris et Bamako. Dans un communiqué publié le 12 janvier, le gouvernement malien de transition s’est indigné qu’un Airbus A400M de l’armée française ait effectué la veille un aller-retour Abidjan-Gao « en violation manifeste de [son] espace aérien ».

Il ajoute avoir « dénoncé » cette violation auprès des autorités françaises « qui ont, au demeurant, décidé de soutenir les sanctions de la Cedeao, parmi lesquelles figure la fermeture des frontières terrestres et aériennes de ses pays membres [au] Mali ». « Nous déclinons toute responsabilité relative aux risques auxquels les auteurs de ces pratiques pourraient s’exposer, en cas de nouvelle violation de notre espace aérien », conclut Bamako.

« Gesticulation des autorités maliennes »

Face à ces menaces à peine voilées, sur fond d’imbroglio sur les modalités d’accès à l’espace aérien malien depuis l’embargo décidé par la Cedeao, Paris a vite contre-attaqué. « Il y a eu une forme de gesticulation d’une partie des autorités maliennes dans cette affaire, mais tout est rentré dans l’ordre », assure une source militaire française.

Militaires et diplomates français assurent en effet n’avoir procédé à aucune violation de l’espace aérien malien, ni avoir dérogé aux sanctions de la Cedeao – par ailleurs soutenues par Paris. Selon eux, les vols militaires ne sont pas concernés par ces restrictions, et ce, en vertu d’un traité de coopération militaire et de défense conclu entre la France et le Mali en mars 2013, deux mois après le déclenchement de l’opération Serval.

Le commandant de Barkhane et le chef d’état-major général des armées maliennes s’entendent très bien et se parlent quasiment tous les jours

L’article 5 de cet accord garantit, « dans le cadre des missions d’assistance militaire à l’État malien », « une pleine liberté de circulation sur le territoire et dans l’espace aérien malien des véhicules et aéronefs, militaires et civils, du personnel du détachement français ainsi que des détachements non français de la force Takuba ».

Une disposition que le général Laurent Michon, commandant de la force Barkhane, n’a pas hésité à rappeler au général Oumar Diarra, chef d’état-major général des armées maliennes, dans une lettre qu’il lui a adressée le 12 janvier. « Ils s’entendent très bien et se parlent quasiment tous les jours au téléphone pour évoquer les opérations en cours, explique une source militaire française. Ce courrier était surtout destiné à clarifier les choses publiquement. »

En parallèle, Joël Meyer, l’ambassadeur de France au Mali, a aussi été en contact avec les autorités et l’état-major à Bamako pour éviter toute nouvelle polémique.

Sauf décision des autorités maliennes de revenir sur l’accord de 2013, ce qui compromettrait très sérieusement le dispositif français au Mali, les avions militaires français (et étrangers) pourront donc continuer leurs missions au Mali.

Une rotation par jour entre Abidjan et Gao

En tout, l’armée française compte trois à cinq avions de transport tactique (A400M et C330) en Afrique de l’Ouest, généralement basés à Niamey, sans compter ceux qui peuvent venir depuis la France en fonction des opérations et des besoins logistiques.

Leur planning est variable, mais ils effectuent en moyenne un vol par jour entre Abidjan, Gao, Dakar, Niamey ou encore N’Djamena. Cette semaine, en dépit des sanctions, il y a eu une rotation par jour entre Abidjan et Gao. Outre ces avions de transport, Barkhane dispose de sept Mirage 2000 et de six drones Reaper, également basés à Niamey.

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